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Fiscalité du gazole: des routiers organisent des barrages filtrants à la frontière belge

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Lille (AFP)

Des dizaines de camions ont organisé jeudi matin des barrages filtrants sur l'autoroute à la frontière belge, à l'appel de deux organisations professionnelles de transport, pour protester contre la hausse de deux centimes d'une taxe sur le gazole, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Ces blocages sont présentés par la FNTR du Pas-de-Calais et l'OTRE Hauts-de-France comme un "premier acte" d'une mobilisation des routiers, dans un communiqué commun.

"Il y a vraiment un ras-le-bol des chefs d’entreprise de transport routier et de marchandises. C’est un ras-le-bol fiscal en fait, parce que ces deux centimes c’est la ligne rouge qui a été franchie, la goutte d’eau qui fait déborder le vase", a déclaré à l'AFPTV Sébastien Rivera, secrétaire général de la FNTR départementale.

"Ca représente à peu près six à sept cents euros par an par véhicule, ce qui est tout simplement insupportable pour les entreprises qui ont déjà des marges très faibles", ajoute-t-il, regrettant que ce soit "exclusivement les entreprises françaises qui vont contribuer au financement des infrastructures".

Depuis 5h00, une trentaine de camions stationnaient sur deux voies sur l'A22, à la sortie de Neuville-en-Ferrain au nord de Lille, pour bloquer les poids lourds venant de Belgique.

"Stop au matraquage fiscal", "non au racket", pouvait-on lire sur les cabines des véhicules des routiers.

Les autorités belges ayant mis en place une déviation en amont, résorbant les bouchons, les routiers ont finalement levé le camp vers 10H00, a constaté un vidéaste de l'AFP, puis la sortie a rouvert, selon Bison Futé.

Près de Valenciennes, à Crespin au niveau de l'ancien poste frontière, des camions venant de Belgique étaient bloqués sur une dizaine de kilomètres, selon les estimations d'un photographe de l'AFP, par les poids lourds des manifestants.

Selon la cellule de vigilance routière, une déviation est mise en place par les forces de l’ordre belge.

Début juillet, Elisabeth Borne, alors ministre des Transports, a annoncé une baisse de 2 centimes par litre du remboursement dont bénéficie le transport routier sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) frappant le gazole.

"Il est légitime que le transport routier, qui est un grand utilisateur du réseau routier, participe à l'entretien de nos routes qui en ont bien besoin", avait justifié Mme Borne, désormais ministre de la Transition écologique et solidaire.

Cette mesure a été approuvée par l'Assemblée nationale le 17 octobre. Le Sénat l'a supprimée en première lecture mardi.

Cette augmentation de fiscalité représenterait, selon le gouvernement, 140 millions d'euros en année pleine, et son produit doit être affecté à l'Agence de financement des infrastructures des transports de France (AFITF).

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