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Dans le sud de l'Irak, Nassariya et Najaf à feu et à sang

Un manifestant irakien, le 27 novembre 2019, dans une rue de Najaf.
Un manifestant irakien, le 27 novembre 2019, dans une rue de Najaf. Alaa al-Marjani, Reuters

Quinze manifestants ont été tués, vendredi, par balles et des dizaines blessés à Nassiriya, dans le sud du pays. Pour contrer l'escalade du mouvement de contestation, le pouvoir a envoyé des responsables militaires pour gérer les forces de l'ordre dans chaque province.

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Le sud de l'Irak est toujours à feu et à sang. Quinze manifestants ont été tués, vendredi 29 novembre, par balles et des dizaines blessés à Nassiriya, dans le sud du pays. Ces violences sont survenues alors que le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a annoncé dans la journée qu'il allait démissionner, après deux mois de contestation à Bagdad et dans le Sud chiite marquée par plus de 400 morts.

Depuis la veille, les villes de Bagdad, Najaf et Nassiriya ont vu s'affronter violemment des centaines de protestataires contre les forces de l'ordre. Une répression qui toutefois n'entame pas la motivation des manifestants.

"Scènes de guerre" à Nassiriya

Dans les rues de Nassiriya, à 300 km au sud de Bagdad, des centaines de personnes ont défié, jeudi, le couvre-feu pour former un cortège funéraire en hommage aux manifestants tués. Au moins 25 personnes ont été tuées en quelques heures lors de cette journée si funeste qu'Amnesty International a évoqué des "scènes de guerre". En fin de journée, les médecins disaient être débordés par l'arrivée de plus de 250 blessés, quasiment tous touchés par balles. Ils affirmaient avoir mené plus 80 opérations, dans des hôpitaux bondés, où les blessés devaient attendre des heures pour être pris en charge.

>> "Contestation en Irak : reportage aux côtés des manifestants blessés par des tirs"

La situation a dégénéré dans la matinée, quand la police a tenté de reprendre les ponts bloqués par des manifestants antigouvernement depuis trois jours. Face aux tirs ininterrompus des forces de l’ordre, des combattants se sont déployés, bloquant, armes en main, l'autoroute venant de Bagdad pour empêcher l'arrivée de plus de renforts policiers ou militaires. Ils ont également incendié un QG de la police puis encerclé le commandement militaire de la province où se trouvent les ruines de la ville antique d'Ur. 

À Najaf, la colère contre Téhéran gronde 

Dans la ville sainte de Najaf, la colère contre Téhéran grondait toujours jeudi et plusieurs manifestants ont été tués dans la journée. Mercredi soir, des centaines de manifestants criant "Iran dehors !" et "victoire à l'Irak !" avaient brûlé le consulat de la République islamique. Téhéran a dénoncé "des agents destructeurs" et réclamé à Bagdad "une action décisive, efficace et responsable". Bagdad a dénoncé des personnes "étrangères aux manifestations" voulant "saper les relations historiques" entre les deux voisins.

>>  La "vaste influence" de l'Iran en Irak selon des fuites des renseignements iranien

Pour tenter de contenir la violence qui s'est déchaînée jeudi, les autorités ont limogé le général Jamil al-Chemari qu'elles avaient initialement dépêché pour "rétablir l'ordre" dans le sud de l'Irak. Mais les effets restaient peu notables jeudi en fin de journée. 

Ligne de front à Bagdad

Les manifestants réclament la refonte du système politique et le renouvellement total de la classe dirigeante que les manifestants jugent corrompue et affiliée à diverses capitales, dont Téhéran. En deux mois, la contestation a fait près de 400 morts et quelque 15 000 blessés. 
 

Mais malgré "l'usage excessif de la force" dénoncé par la Commission gouvernementale irakienne des droits humains, les manifestants ne se replient pas. À Bagdad, des rues se sont transformées en "ligne de front", selon notre correspondante Lucile Wasserman. "Les affrontements entre manifestants et force de l'ordre ont lieu de jour comme de nuit", témoigne-t-elle. 

"Ils [les policiers] nous tirent dessus à balles réelles. Ils utilisent aussi des grenades lacrymogènes, interdites par les lois internationales !", dénonce un manifestant interrogée par la journaliste. "On veut juste l'aide de la communauté internationale. Si on reste comme ça, le gouvernement va nous tuer, ils n'épargneront personne", alerte un autre.  

Amnesty International appelle la communauté internationale à intervenir car "le bain de sang doit cesser".

Avec AFP

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