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L'université de Cambridge va rendre une statue pillée au Nigeria

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Londres (AFP)

Un des collèges de la prestigieuse université britannique de Cambridge va rendre au Nigeria la statue d'un coq en bronze dérobée pendant la période coloniale, après une enquête de ses étudiants et professeurs.

"Il ne fait aucun doute que la statue a été pillée lors d'une expédition punitive à la Cour du Bénin, en 1897, et donnée au Collège en 1905 par le père d'un étudiant", révèle le Jesus College dans un communiqué.

L'institution a pris cette décision après une enquête menée par un groupe de travail réunissant des étudiants et des professeurs, qui ont travaillé sur le passé colonial de l'université.

Ce groupe de travail évolue en parallèle d'une enquête officielle lancée en avril et réalisée par deux chercheurs, qui vise à établir si Cambridge a bénéficié financièrement de l'esclavagisme ou en a fait la promotion, afin de "reconnaître son rôle dans cette phase sombre de l'histoire humaine".

Exposée puis retirée en 2016, la statue en bronze a fait l'objet de trois ans de discussions afin de déterminer à qui devait être restitué ce trésor royal ancestral, alors que le royaume du Bénin, qui couvrait une partie du Nigeria actuel, n'existe plus depuis l'invasion britannique.

Le coq en bronze sera donc rendu à l'actuel Oba de la Cour du Bénin, un descendant de la dynastie royale qui continue aujourd'hui à exercer un pouvoir symbolique à Benin City, au Nigeria. Le Jesus College n'a pour l'instant pas précisé les modalités de ce retour.

L'institution a par ailleurs reconnu devoir "indéniablement" son rayonnement au soutien d'un bienfaiteur controversé du XVIIe siècle, Tobias Rustat, dont les implications dans l'esclavage "ne font plus de doutes". Elle a promis de "reconnaître et contextualiser" cet héritage.

"Ces décisions n'ont pas été prises en vue d'effacer l'histoire", a déclaré Sonita Alleyne, première personne noire à diriger le Jesus College, saluant le travail "consciencieux et méticuleux" du groupe de travail.

Depuis quelques années, les plus prestigieuses universités britanniques s'interrogent sur leur passé colonial. En 2016, à Oxford, des étudiants avaient milité pour demander qu'une statue du colonisateur et partisan de la domination blanche Cecil Rhodes soit "déboulonnée". L'université l'avait finalement conservée.

L'enquête officielle lancée par l'université de Cambridge devrait, elle, délivrer ses premiers résultats en 2021.

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