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Contestation en Irak : les manifestants enterrent leurs morts après une journée sanglante

Funérailles d'un protestataire tué lors d'une manifestation antigouvernementale, le 29 novembre 2019 à Najaf, en Irak.
Funérailles d'un protestataire tué lors d'une manifestation antigouvernementale, le 29 novembre 2019 à Najaf, en Irak. Alaa al-Marjani, Reuters

Le très influent grand ayatollah Ali Sistani a appellé, vendredi, le Parlement irakien à retirer sa confiance au gouvernement, au lendemain de l'une des journées les plus violentes en deux mois de contestation contre le pouvoir. À Najaf, lieu de violents affrontements jeudi, les manifestants enterrent leurs morts.

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Au lendemain d’une journée meurtrière en Irak, le très influent grand ayatollah Ali Sistani a appelé dans son sermon du vendredi 29 novembre le Parlement irakien à retirer sa confiance au gouvernement. Cette figure tutélaire de la politique, qui soutient les revendications des manifestants, s'était gardée de demander la chute du gouvernement, qu'elle a appelé à de multiples reprises à la "retenue". Les violences de jeudi semblent donc avoir changé la donne.

"Le Parlement dont a émergé le gouvernement actuel est appelé à revoir le choix qu'il a fait à ce sujet et à agir dans l'intérêt de l'Irak, pour préserver le sang de ses enfants et éviter que (le pays) ne glisse dans la violence, le chaos et la destruction", affirme le sermon du grand ayatollah Ali Sistani, lu vendredi à Kerbala par un de ses représentants, Ahmed al-Safi.

Aussitôt, les députés d'opposition, de l'ex-Premier ministre Haider al-Abadi et du turbulent Moqtada Sadr --le premier bloc au Parlement-- se sont dit prêts à retirer leur confiance au cabinet.

Peu avant, un important cortège funéraire a défilé, vendredi 29 novembre, à Najaf, la ville sainte du sud du pays où de nombreux manifestants ont été tués la veille.

Le calme régnait ce matin dans la ville, visitée chaque année par des millions de pèlerins chiites, notamment venus d'Iran. Sept cercueils ont été portés par la foule, alors que les médecins font état d'un bilan de 16 morts pour la seule journée de jeudi. Les tirs ont résonné jusqu'aux premières heures du jour, avant que le calme ne revienne, ont rapporté des correspondants de l'AFP.

"Scènes de guerre"

À Nassiriya, où en quelques heures 25 manifestants, officiellement, sont tombés sous les tirs intenses des forces de sécurité, les protestataires se regroupaient de nouveau sur une place du centre-ville où ils réclamaient la "chute du régime" et le renouvellement complet d'une classe politique qu'ils accusent d'être corrompue et incompétente.

Jeudi, la ville a été le théâtre de "scènes de guerre", selon Amnesty International, alors que des médecins ont rapporté à l'AFP avoir mené des dizaines d'opérations chirurgicales lourdes dans des hôpitaux bondés où les blessés --qui se comptent par centaines-- devaient attendre longtemps avant de pouvoir être pris en charge.

Alors que Nassiriya redoutait l'envoi par Bagdad de renforts policiers et militaires dans la région, des combattants tribaux en armes coupaient l'autoroute venant de la capitale pour protéger les manifestants de davantage de répression. Ils n'étaient plus visibles vendredi, ont rapporté des témoins.

Avec les 43 morts de jeudi -et près d'un millier de blessés-, le bilan des deux mois de contestation atteint près de 400 morts en Irak, selon des chiffres compilés par l'AFP auprès de sources médicales et policières.

Avec AFP

 

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