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Meurtre de la journaliste maltaise: les moments-clés de l'affaire

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La Valette (AFP)

Voici les moments-clés de l'affaire de l'assassinat en octobre 2017 de la journaliste maltaise anticorruption Daphne Caruana Galizia:

- Un attentat sans précédent -

Le 16 octobre 2017, la journaliste blogueuse Daphne Caruana Galizia, qui enquêtait sur la corruption au plus haut niveau, est tuée par une bombe placée dans sa voiture.

Au printemps 2017, elle avait creusé la partie maltaise de l'enquête journalistique sur les Panama Papers et avait été à l'origine de révélations sur des scandales impliquant plusieurs proches du Premier ministre, Joseph Muscat.

La journaliste avait découvert des documents attestant que des sociétés panaméennes appartenant au ministre de l'Energie de l'époque, Konrad Mizzi, et au chef de cabinet de Joseph Muscat, Keith Schembri, avaient reçu environ 2 millions d'euros d'une société de Dubaï, 17 Black, pour des services non précisés.

Cet attentat, quasi inédit dans un pays de l'Union européenne, a suscité l'indignation en Europe et au-delà.

- Manifestations -

Le 16 octobre, M. Muscat, évoquant sa "plus grande adversaire", promet de retrouver ses assassins.

Le 21 octobre, le gouvernement promet un million d'euros de récompense pour toute information permettant de faire avancer l'enquête.

Le lendemain, à l'appel d'organisations de la société civile, des milliers de Maltais descendent dans les rues. Ils demandent le départ du chef de la police et du ministre de la Justice.

- Trois inculpations -

Le 4 décembre 2017, le Premier ministre travailliste annonce l'arrestation de dix personnes.

Trois hommes au casier judiciaire déjà chargé - les frères Alfred et George Degiorgio ainsi que Vince Muscat - sont inculpés le lendemain, soupçonnés de participation à une organisation criminelle et d'avoir fabriqué la bombe. Ils plaident non coupables.

- "Projet Daphne" -

En avril 2018, 18 médias internationaux ayant repris, dans le cadre du "Projet Daphne" le travail d'enquête de la journaliste sur la corruption à Malte, publient leurs conclusions qui confirment une partie de ses soupçons.

Le ministre de l'Economie, Christian Cardona, est mis en cause, notamment pour ses relations supposées avec l'un des assassins.

- Nouvelle enquête -

Le 20 septembre 2019, le gouvernement nomme un juge à la retraite, Michael Mallia, pour diriger une enquête indépendante sur la mort de la journaliste, avant l'expiration d'une mise en demeure du Conseil de l'Europe qui exigeait une telle procédure.

- Immunité -

Le 20 novembre, un homme d'affaires, Yorgen Fenech, propriétaire de la société 17 Black, est arrêté sur son yacht au large de Malte, alors qu'il tentait de fuir.

Il est officiellement considéré comme une personne disposant d'informations sur l'affaire. Certains médias et la famille de la journaliste le présentent rapidement comme un possible commanditaire du meurtre.

Son arrestation intervient au lendemain d'une promesse d'immunité donnée par le chef du gouvernement à un intermédiaire en échange d'informations sur l'affaire.

Le 23, Yorgen Fenech demande l'immunité judiciaire, se disant prêt à révéler "tout ce qu'il sait".

- Démissions -

Le 26 novembre, le chef de cabinet de M. Muscat, Keith Schembri, mentionné dans l'enquête comme ayant reçu des pots-de-vin de Yorgen Fenech, démissionne. Il est convoqué par la police.

Konrad Mizzi, devenu ministre du Tourisme et lui aussi mis en cause par Daphne Caruana, démissionne également. Le ministre de l'Economie, Chris Cardona, mis en cause par le "projet Daphne", décide pour sa part de se "mettre en réserve pendant la durée des enquêtes".

Dans la nuit du 28 au 29, à l'issue d'une réunion d'urgence de son gouvernement de plus de six heures, Joseph Muscat annonce que Yorgen Fenech ne bénéficiera pas de l'immunité demandée.

Selon des sources policières, M. Fenech a désigné comme étant le vrai "commanditaire" du meurtre Keith Schembri. Ce dernier est toutefois remis en liberté.

Ces annonces suscitent l'indignation de l'opposition, de la famille Caruana Galizia et de mouvements civiques qui réclament le départ du Premier ministre.

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