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Le PDG de Twitter pris de frénésie pour l'Afrique et son bitcoin

Selfie publié par Jack Dorsey sur Twitter, le 27 novembre 2019, lors d'un voyage en Éthiopie.
Selfie publié par Jack Dorsey sur Twitter, le 27 novembre 2019, lors d'un voyage en Éthiopie. @jack

À peine a-t-il fini sa tournée africaine en Éthiopie, au Ghana, au Nigeria et en Afrique du Sud, que le patron de Twitter, Jack Dorsey, promet d’y revenir pour y séjourner entre "trois à six mois". Il espère y faire fructifier la cryptomonnaie bitcoin et ses propres affaires.

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Le dernier voyage de Jack Dorsey dans plusieurs pays d’Afrique aurait conquis le patron de Twitter, au point qu'il envisage d’y passer "entre trois et six mois" de l’année à compter de 2020. Où précisément ? "Pas sûr encore", élude-t-il dans un tweet posté le 29 novembre.

La liste des pays visités en novembre 2019 par Jack Dorsey s’étend du Nigeria à l’Éthiopie, en passant par l’Afrique du Sud et le Ghana. Son compte Twitter regorge de photos de rencontres avec de jeunes entrepreneurs en Éthiopie, de paysages d’Afrique du Sud – où il s’est posé pour une retraite méditative –, de déclarations admiratives pour la profusion d’idées au Ghana, sans oublier la rencontre avec des artistes plasticiens au Nigeria.

Surtout, dans ce diaporama des intérêts africains affichés par Jack Dorsey, il y est beaucoup question de bitcoin, cette monnaie virtuelle créée sur Internet en 2008 et dont le cours varie librement, sans l’intervention d’une banque centrale. “L’Afrique va définir le futur (en particulier celui du bitcoin !)", s’enthousiasme Jack Dorsay dans son message d'amour à l'Afrique, qui annonce sa volonté de vivre sur le continent une partie de l’année.

"Nous sommes très très pro-bitcoin"

Sur le continent africain, le bitcoin est en effet très prisé, que ce soit pour alimenter de simples transferts d’argent ou pour contourner des crises monétaires. Parmi les exemples d’utilisation, la plateforme nigériane "Tanjalo" propose d’en faire une monnaie d’échange au quotidien. Le bitcoin a déjà ses concurrents, et Facebook a annoncé la création de la "libra" en 2020.

Mais le recours aux cryptomonnaies comporte des revers, notamment les hauts et les bas de la valeur du bitcoin. La fluctuation sur l’année 2018 a en effet été vertigineuse et a démontré que cette crypto-valeur peut s’apparenter à une "bulle spéculative". L’utilisation de cette virtualité par des groupes terroristes implantés en Afrique, qui contournent ainsi les règles bancaires, pose également des questions éthiques.

Si Jack Dorsey s’intéresse aux échanges monétaires dans les économies africaines, ce n’est pas tant avec la casquette de patron de Twitter, mais en tant que créateur de "Square", start-up de paiement électronique fondée en 2011. Jack Dorsey affiche inlassablement son optimisme pour cette entreprise – qu’il dirige parallèlement à ses fonctions à la tête de Twitter.

Square Crypto, la filiale crypto de l’entreprise – soit le stockage et la transmission d’informations sans organe de contrôle – a recruté notamment Steve Lee, un passionné du bitcoin et ex-cadre de Google. En juillet, Steve Lee parlait ainsi de Square Crypto, au nom de Jack Dorsey, lors d’une séance "Ask me anything" sur Twitter : “Square Crypto est une initiative open-source visant à renforcer l’écosystème bitcoin. Nous sommes très, très pro-bitcoin. Il y a plus que suffisamment de travail à faire pour nous là-bas. Cela dit, nous sommes ouverts aux cas d’utilisation émergents et aux technologies complémentaires à bitcoin”. 

Étant donné qu’"une partie de cet écosystème bitcoin se développe aujourd’hui en Afrique, Jack Dorsey et Square Crypto ont tout intérêt à accompagner ce mouvement, notamment en investissant dans des projets et en recrutant des développeurs", analyse Christophe Auffray, journaliste spécialiste de crypto/blockchain sur le site cryptonaute.fr.

Une monnaie afro-blue

Derrière les ambitions commerciales de Square Crypto, cette soudaine passion africaine colle peut-être aussi au tempérament de Jack Dorsey. En 2011, le manager avouait au magazine "Vanity Fair" que son but ultime était de devenir maire de New York. Ambitionne-t-il donc de mener de front la gouvernance de la mégapole Big Apple, la direction de Twitter à San Francisco et une expansion de Square sur le continent africain ?

Pris d’africophilie, Jack Dorsey a aussi rendu public, le même jour, son coup de cœur pour le standard de jazz "afro-blue", composé par "Mongo" Santamaría, percussionniste afro-cubain, et popularisé par le saxophoniste John Coltrane, diffusé sur la radio Fip. "Afro-blue", c’est le chant d'une Afrique rêvée, fantasmée, peuplée de "garçons élégants" et "filles magnifiques" qui dansent de joie au son des percussions. Jack Dorsey voudrait danser au rythme accéléré du bitcoin.


 

 

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