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La Russie ouvre le robinet du gaz vers la Chine

Un employé vérifie une valve de gaz du gazoduc russe "Power of Siberia" à la station  de Atamanskaya, le 29 novembre 2019.
Un employé vérifie une valve de gaz du gazoduc russe "Power of Siberia" à la station de Atamanskaya, le 29 novembre 2019. Maxim Shemetov, Reuters

Destiné à assouvir l’appétit chinois en matière de gaz, un gazoduc commun à la Chine et à la Russie a été inauguré, lundi, à la frontière sino-russe. C’est le premier de trois projets gaziers en cours d'achèvement par Moscou pour asseoir sa domination sur ce marché.

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"Le robinet est ouvert !" Le gazoduc "Power of Siberia" a été inauguré, lundi 2 décembre, des deux côtés de la frontière sino-russe. Près de 2 000 kilomètres de tuyaux vont acheminer du gaz depuis les gisements de Sibérie orientale jusqu’à la frontière chinoise. Un chantier pharaonique qui a mobilisé, pendant 5 ans, près de 10 000 personnes ayant travaillé jusqu’à des températures de  -50°C. Et ce n’est pas fini : le gazoduc ralliera Shanghaï, à quelques 3 000 kilomètres de la frontière, d’ici 2022-2023.

Lors d'une vidéo-conférence, Vladimir Poutine a salué "un événement véritablement historique" qui "portera la coopération stratégique russo-chinoise à un tout autre niveau". "Le développement des relations sino-russes est et sera une priorité de la politique étrangère de chacun de nos pays", a pour sa part déclaré Xi Jinping, très lié à son "ami" Poutine.

Sur place, des employés de Gazprom et PetroChina, en uniformes bleus et blancs pour l'entreprise russe et rouges pour la société chinoise, sont apparus en rangs serrés, figés, avant d'acclamer d'une seule voix le lancement officiel du tube.

Les tubes de gaz : des projets politico-diplomatiques  

Le coût de "Power of Siberia" a été estimé par Gazprom à 55 milliards de dollars, pour une capacité en 2022-2023 de 38 milliards de m3 par an, soit 9,5 % du gaz consommé en Chine. Le gazoduc russo-chinois s'accompagne d'un énorme contrat d'approvisionnement gazier à la Chine, estimé à plus de 400 milliards de dollars sur 30 ans, signé par Gazprom et le géant chinois CNPC en mai 2014, après une décennie de pourparlers.

>> À lire : Les gazoducs russes sèment la discorde en Europe

Mais le coût astronomique d’investissement laisse redouter un projet jamais rentable, aux objectifs plus politico-diplomatiques qu'économiques. Les deux autres projets de Moscou ne sont d’ailleurs pas moins politiques. La Russie lancera dans les prochaines semaines deux autres tubes : le germano-russe Nord Stream 2 et le Turco-Russe TurkStream.

Nord Stream 2 est sans doute le plus controversé, s'agissant d'un deuxième gazoduc passant sous la mer Baltique afin de contourner l'Ukraine, pays de transit du gaz russe vendu en Union européenne. TurkStream, qui contournera l'Ukraine, symbolise pour sa part la bonne entente entre Moscou et Ankara, mais aussi les tensions croissantes entre la Turquie et ses alliés au sein de l'Otan, qu'ils soient Américains ou Européens.

Avec AFP 
 

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