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Sommet de l'Otan : Trump attaque Macron avant l'ouverture

Le président américain Donald Trump lors d'une réunion avec le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, avant l'ouverture du 27e sommet de l'Alliance à Watford (Royaume-Uni), le 3 décembre 2019.
Le président américain Donald Trump lors d'une réunion avec le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, avant l'ouverture du 27e sommet de l'Alliance à Watford (Royaume-Uni), le 3 décembre 2019. Kevin Lamarque, Reuters

Les dirigeants des pays de l'Otan se réunissent mardi et mercredi en sommet à Watford, près de Londres, pour le 70e anniversaire de l'Alliance. Mais l'ambiance n'est pas à la fête, à cause de nombreux différends.

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Ambiance morose au sommet de Watford, près de Londres, pour le fêter le 70e anniversaire de l’Otan. L'Alliance, dont les dirigeants se réunissent les 2 et 3 décembre, est minée par les différends.

Le président américain Donald Trump a ouvert le premier les hostilités en qualifiant dès mardi de "très insultant" le jugement de "mort cérébrale" porté par le président français Emmanuel Macron sur l'Otan et annoncé son intention de lui en parler lors d'un entretien prévu dans la journée. "Je pense que c'est très insultant", a-t-il déclaré lors d'un point de presse avec le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, avant le début du sommet. C'est un jugement "très, très méchant à l'adresse de 28 pays", a-t-il poursuivi.

Donald Trump s'est en outre dit "très surpris" par la déclaration d'Emmanuel Macron et l'a jugée "très dangereuse" pour la France. "Personne n'a besoin de l'Otan plus que la France", a-t-il affirmé.

"Mort cérébrale" de l’Otan

Emmanuel Macron avait jugé l'Otan en état de "mort cérébrale" après l'offensive lancée par Ankara dans le nord-est de la Syrie sans aucune concertation avec les alliés, mais avec l'assentiment du président américain.

De son côté, le président français "assume totalement" sa critique. Il l'a dit au secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg jeudi à Paris. Emmanuel Macron a en outre déploré que les deux derniers sommets aient été "uniquement consacrés à savoir comment on pouvait alléger le coût financier pour les États-Unis".

Pendant ce temps, "des questions stratégiques sur la paix en Europe, la relation avec la Russie, le sujet de la Turquie ou qui est l'ennemi? (de l'Otan) n'ont pas été résolues", a-t-il lancé.

La chancelière a également dit sa réprobation et aucune capitale de l'Alliance n'a soutenu le président français lorsque celui-ci a dénoncé l'absence de concertation sur des décisions stratégiques prises par les États-Unis et par la Turquie.

Le fardeau américain

Autre sujet de discorde : le partage du fardeau américain pour les dépenses militaires et son corollaire, l'augmentation des budgets de la défense des alliés européens et canadien. Depuis son élection, le président américain ne cesse de mettre ce sujet sur la table.

Les responsables de l'Otan espèrent que l'accord pour réduire la contribution américaine au budget de fonctionnement de l'Alliance et les efforts financiers fournis par les alliés pour augmenter leurs dépenses militaires vont l'apaiser. Le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, assure que l'année prochaine, les alliés non-américains auront augmenté leurs dépenses pour la défense de 130 milliards de dollars depuis 2016.

Mais beaucoup redoutent que cela ne suffise pas et craignent un nouveau coup de sang de Donald Trump. L'année dernière à Bruxelles, il avait pris à partie Angela Markel, accusée de ne pas payer assez et de contribuer à l'effort militaire de la Russie avec ses achats massifs de gaz.

Les Européens en sont réduits à espérer que la soirée à Buckingham Palace mardi divertira le président américain pour permettre un sommet apaisé le lendemain, a confié le chef de la diplomatie d'un pays très en retard pour ses dépenses militaires.

Les alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2 % de leur PIB pour leurs dépenses militaires en 2024. Neuf pays ont atteint cet objectif en 2019 et si la France va l'atteindre en 2025, l'Allemagne est encore très loin du but.

Un sommet bref

Enfin, un dernier grand différent mine l'alliance. Il oppose le président français Emmanuel Macron et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Il porte sur l'intervention lancée par Ankara dans le nord-est de la Syrie sans en informer les autres membres de l'Alliance.

Les deux dirigeants en sont arrivés à échanger des insultes et leurs partenaires espèrent qu'ils crèveront l'abcès mardi avant le sommet, au cours d'une réunion sur la Syrie à Londres avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Toutes ces tensions risquent de gâcher la fête, car elles vont ruiner l'unité de l'Alliance, ce qui fait le jeu de la Russie, a déploré le ministre européen.

Le sommet sera bref : une session de travail de trois heures mercredi dans l'hôtel d'un golf prestigieux à Watford, dans la banlieue de Londres. Mais les décisions seront significatives, car à Londres, l'espace va devenir un domaine d'opérations de défense pour l'Otan et l'Alliance va se positionner face à la montée en puissance de la Chine, second budget militaire du monde et très présente dans le cyberespace.

Avec AFP
 

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