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Brest Atlantiques: Cammas et Caudrelier vainqueurs d'une course extra large

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Paris (AFP)

Un demi tour du monde bouclé en moins d'un mois en +volant+ sur les deux océans atlantiques: c'est ce que viennent de réaliser Franck Cammas et Charles Caudrelier en gagnant mercredi la Brest Atlantiques, course conçue spécialement pour une petite flotte de bateaux hors-normes.

A bord du Maxi Edmond de Rothschild bleu et blanc teinté de jaune, le duo a coupé la ligne mercredi matin au terme de 28 jours 23 heures 24 minutes de navigation, dans des conditions parfois dantesques des eaux atlantiques du nord et du sud.

Partis le 5 novembre de Brest, ils ont effectué un total de 17.000 milles nautiques (31.500 km) via Rio (Brésil) et Le Cap (Afrique du sud) pour s'imposer devant deux autres paires: François Gabart/Gwénolé Gahinet (Trimaran Macif) et Yves Le Blévec/Alex Pella (Actual Leader), attendus au mieux vendredi dans la rade de Brest.

Quatrième engagé, le tandem Thomas Coville/Jean-Luc Nélias (Sodebo Ultim 3), qui étrennait son nouvel engin, a abandonné le 22 novembre après plusieurs avaries.

"Ce bateau, j'en suis amoureux !", a clamé Caudrelier, une fois la ligne passée. "Je n'ai jamais pris autant de plaisir même s'il y a une petite frustration de ne pas avoir volé autant qu'on l'aurait voulu", a-t-il poursuivi, ajoutant cependant avoir effectué "la moitié du parcours en mode volant" mais pas l'autre moitié à cause de petits soucis techniques.

- Voler -

Le Maxi Edmond de Rothschild, dessiné par l'architecte naval Guillaume Verdier et mis à l'eau en juillet 2017, est le plus volant de tous les Ultim, comme il vient d'en faire la démonstration sur cette course imaginée pour et par les Ultim.

Il s'agissait de la toute première épreuve réservée uniquement à cette classe élitiste, qui rêve d'une course autour du monde en solitaire sur des multicoques. Les Ultim sont des maxi-trimarans de 32 m de long capables de voler grâce à leur foils (appendices latéraux qui élèvent le bateau au-dessus de l'eau) leur permettant de filer à des vitesses frôlant les 50 noeuds (92 km/h).

"Voler, aujourd'hui c'est une évidence pour tout le monde, il y a 4 ans on en rigolait presque", a relevé Caudrelier qui partage la barre avec Cammas depuis mai dernier.

Ces gigantesques voiliers ont pourtant connu un énorme coup dur lors de la Route du Rhum en novembre 2018 avec de la casse, ce qui a obligé la classe à revoir sa copie. La course autour du monde en solo (Brest Oceans), qui devait partir fin décembre, a été reportée à 2023, laissant place à la Brest Atlantiques, qui n'a pas vraiment décollé auprès du grand public.

- Exister -

"Il y a plein de choses qui ne me plaisent pas dans cette course mais elle a été montée au dernier moment et avec peu de moyens", explique à l'AFP Cyril Dardashti, directeur du team Gitana (écurie Edmond de Rothschild), qui a rallié la classe cette année et ce, pour un an.

"Cette course nous a permis d'exister cette année. Ensuite, c'est un événement à la hauteur de notre machine. On traverse l'Atlantique en 4 jours, il ne fallait pas que ce soit juste un éclair", dit-il.

Le directeur du team a estimé que "technologiquement parlant" cette course était importante, même s'il ne s'agissait que d'une histoire à quatre.

Il a d'autre part argué qu'il était impératif de rester dans l'Atlantique durant cette période de fiabilisation des bateaux pour pouvoir intervenir rapidement en cas de problèmes.

Trois des quatre bateaux ont été endommagés en grande majorité après avoir percuté des Ofni (objets flottant non identifiés), les obligeant à des escales techniques.

François Gabart, actuellement en deuxième position, a mis en avant l'importance de naviguer avec de tels bateaux. "On a eu un parcours pas simple, on a engrangé davantage d'expérience sur ces bateaux magnifiques. Il faut continuer à naviguer ensemble, en mode compétition sur des distances relativement grandes, pour pouvoir continuer à progresser et continuer à préparer l'avenir", estime-t-il à l'AFP.

Prochain rendez-vous le 10 mai, de nouveau à Brest, pour le départ de The Transat, course mythique en solitaire à destination de Charleston (Etats-unis). Une course ouverte à tous.

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