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A Gaza sans cinéma, tapis rouge et projections dans la rue

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Gaza (Territoires palestiniens) (AFP)

Tapis rouge, flashes et "vedettes" étrangères... A Gaza, les salles de cinéma sont fermées depuis trois décennies, mais de rares projections dans les rues viennent réchauffer le coeur des cinéphiles dans cette enclave palestinienne sous blocus israélien et dirigée par le Hamas islamiste.

A l'ouverture du festival local de films sur les droits humains, les amateurs de cinéma pensaient qu'ils allaient assister à la projection prévue mercredi soir pour l'occasion dans la salle Amer, abandonnée depuis une trentaine d'années.

Mais la séance a été déplacée à la dernière minute dans une rue à l'arrière du cinéma.

Le directeur de ce festival baptisé "Tapis rouge", Muntaser al-Sabaa, dit avoir été prévenu à la dernière minute par les propriétaires du cinéma Amer qu'ils ne pouvaient utiliser la salle.

"D'un seul coup, on nous dit : +nous sommes désolés mais la situation est dangereuse+. Ils nous ont dit qu'ils avaient peur", explique-t-il.

"C'est incompréhensible. Nous ne savons pas qui a dit à notre partenaire de faire barrage au permis pour ouvrir la salle", a ajouté Muntaser al-Sabaa.

Il assure avoir obtenu au préalable l'autorisation pour ouvrir la salle pendant une semaine complète, ce qui aurait été une première depuis la fin des années 1980.

A l'époque, le Hamas émergeait et les Palestiniens se soulevaient contre l'occupation israélienne de leurs territoires, y compris de la bande de Gaza.

Israël s'est retiré de Gaza en 2005. Et deux ans plus tard, le Hamas s'est imposé au pouvoir sur l'enclave de deux millions d'habitants, interdisant événements ou comportements jugés immoraux.

Avec l'arrivée au pouvoir du Hamas, Israël a renforcé en 2007 le blocus imposé depuis 2006 à l'étroite bande de terre coincée entre la Méditerranée, l'Etat hébreu et l'Egypte, la coupant du monde, pour se protéger, affirme-t-il, de son ennemi islamiste.

Le festival des films sur les droits de l'Homme, qui a choisi cette année pour slogan "Je suis humain", doit présenter au cours de la prochaine semaine environ 45 documentaires.

- "Gaza" pour Gaza -

Il est en partie financé par l'Autorité palestinienne, établie en Cisjordanie et dominée par le mouvement Fatah, rival du Hamas.

"Nous avions choisi le cinéma Amer car c'est un lieu symboliquement fort et que cela envoyait le message qu'il y a encore des cinémas à Gaza et que les gens ont le droit d'en profiter", souligne M. Al-Sabaa.

Sans cinémas ouverts, les cinéphiles à Gaza se rabattent sur la télévision ou leurs ordinateurs portables pour visionner des films.

Mercredi soir, les quelque 200 spectateurs n'ont pas boudé leur plaisir malgré le déplacement illico de la séance hors de la salle Amer.

Après le tapis rouge et les flashes des photographes, plus habitués à la guerre qu'aux mondanités, les cinéphiles ont eu un documentaire à se mettre sous les yeux.

Titre de l'oeuvre: "Gaza". Un film salué par la critique, réalisé par les Irlandais Andrew McConnell et Garry Keane et racontant sur plusieurs années le quotidien des Gazaouis.

Sous les étoiles et une légère brise, le public a applaudi des scènes du film. D'autres étaient attristés par les images sur grand écran de leur quotidien sous blocus.

D'autres encore rêvaient d'une soirée dans une salle de cinéma.

"Je suis venu voir le film avec mon épouse et ma fille. J'espérais voir le film d'ouverture à l'intérieur. Lorsque nous allons en Egypte, nous allons toujours voir des films au cinéma. Il y a une touche particulière à voir un film dans une salle", note Fathi Omar.

"Je suis heureuse mais j'aurais été encore plus heureuse si j'avais pu voir le film à l'intérieur", souligne Dania Ziara, une actrice et metteure en scène palestinienne. "Dans la rue, c'est vraiment très bruyant".

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