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Face à la crise du Boeing 737 MAX, Airbus marque des points aux Etats-Unis

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New York (AFP)

En commandant cinquante A321XLR, le nouvel avion de ligne de capacité moyenne d'Airbus, United Airlines a non seulement octroyé une victoire à l'avionneur européen sur Boeing mais aussi exposé un trou béant dans la gamme du géant aéronautique américain, empêtré dans la crise du 737 MAX.

"C'est un gros revers pour Boeing, qui voit partir chez la concurrence une importante source de revenus", estime Michel Merluzeau, expert chez Air Insight Research.

D'autant qu'United Airlines avait toujours acheté des monocouloirs Boeing depuis sa fusion avec Continental en 2010, souligne Scott Hamilton chez Leeham.

United Airlines a précisé que ces A321XLR, qui lui seront livrés à partir de 2024, vont remplacer ses Boeing 757-200 devant prochainement être retirés des programmes de vol.

La compagnie s'est tournée vers Airbus parce que "Boeing ne propose actuellement aucun avion pouvant remplacer le 757", a déclaré une source proche du dossier à l'AFP.

- Nouvelles lignes -

Occupé à obtenir le retour dans le ciel mondial du 737 MAX immobilisé au sol depuis mi-mars après deux tragédies ayant fait 346 morts, Boeing a dû repousser à 2020 une éventuelle annonce de lancement du "NMA" (New Model Aircraft). Cet aéronef est censé remplacer les 757 et 767 vieillissants sur le milieu du marché ou "Middle of Market" (MoM).

Airbus en a profité pour lancer l'A321XLR, qui offre aux compagnies la possibilité d'ouvrir de nouvelles lignes long-courriers entre des villes secondaires avec un monocouloir, moins cher, plus facile à remplir et donc plus rentable.

Il peut parcourir jusqu'à 8.700 kilomètres en 9 heures, grâce à des réservoirs plus importants, soit bien davantage que le Boeing 737 MAX, dont United est une des clientes, avec 14 exemplaires.

United entend ainsi proposer à l'avenir des vols directs vers des villes secondaires allemandes, françaises, espagnoles et portugaises à partir des aéroports de Newark, dans le New Jersey près de New York, et de Washington Dulles, la capitale fédérale.

"Nous sommes fiers de notre partenariat sur de longues décennies avec United Airlines", a réagi laconiquement Boeing.

"L'A321XLR est un avion qui influence la stratégie des compagnies aériennes, qui vont ainsi pouvoir proposer des vols directs vers de nouvelles destinations et augmenter les prix des billets d'avion vers ces lignes", dit Richard Aboulafia chez Teal Group, ajoutant que Boeing doit réagir "rapidement" s'il ne veut pas perdre de nouveaux clients.

Delta Air Lines, un des gros clients des Boeing 757 et 767 avec environ 200 appareils, s'est engagé à investir des milliards de dollars dans les cinq prochaines années pour moderniser sa flotte.

La compagnie aérienne ne cesse d'inciter Boeing, depuis de nombreux mois, à lancer un avion de ligne de capacité moyenne.

- "Erreur stratégique" -

"Boeing n'a pas encore pris sa décision de lancer cet avion. Nous espérons qu'ils vont le faire (...) car nous sommes très intéressés", a déclaré en mars Ed Bastian, le PDG de Delta.

Pour Michel Merluzeau, "il faut impérativement que Boeing ne perde pas Delta", d'autant que la compagnie Southwest, première cliente du 737 MAX, n'exclut plus d'acheter des Airbus pour accompagner son développement, reposant jusqu'ici sur des Boeing.

"Le +NMA+ est un avion essentiel pour le développement stratégique de Boeing", assure l'expert, pour qui l'absence d'un aéronef de milieu de marché dans la gamme de produits du groupe américain serait "une erreur stratégique" avec de lourdes conséquences sur sa capacité à concurrencer Airbus sur le long terme.

"S'il n'y avait pas eu la crise du MAX, on aurait plus de certitudes sur le NMA", insiste-t-il.

Les déboires du 737 MAX ont permis à Airbus de prendre l'ascendant cette année sur son éternel rival américain en termes de commandes (542 appareils nets à fin octobre contre -95) et de livraisons (648 avions contre 321).

Airbus domine Boeing dans les monocouloirs, avec la famille des A320 face au 737, et est en train de rattraper son retard dans les gros porteurs grâce à l'A350 et aux problèmes rencontrés par Boeing avec le 777X et l'absence de commandes de la Chine pour le 787 Dreamliner.

Boeing, qui a dû réduire la production du MAX et suspendu les livraisons, peut se consoler avec le fait qu'il n'y ait pas eu de grosses annulations de commandes, malgré les frustrations des compagnies aériennes, contraintes d'annuler des centaines de milliers de vols.

Le constructeur aéronautique américain a même semblé reprendre pied, en enregistrant des intentions de commandes surprises pour le MAX au salon du Bourget en juin et récemment à Dubai.

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