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Elia, r'n'b trempé dans Tarantino et Rimbaud

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Paris (AFP)

Elia évoque Tarantino pour l'esprit d'un morceau, cite Rimbaud dans un autre, mais n'a besoin de personne à 20 ans pour parler dans son r'n'b des relations hommes-femmes ou des diktats des réseaux sociaux.

A découvrir aux Bars en Trans à Rennes samedi, festival parallèle des Trans Musicales. Fin novembre la jeune fille a sorti un EP (poignée de titres) et une vidéo pour son morceau "Pornographie". Et la voilà qui émerge dans les plateformes de streaming sous la mention "nouveau talent".

"Pornographie" est efficace, entre sa plume, sa voix et la production de Twinsmatic, duo repéré notamment avec Booba. "C'est la confrontation avec un homme, que j'aime, qui n'y connaît strictement rien à moi, et comme beaucoup de gens de ma génération, quand on ne sait rien on regarde sur internet, confie-t-elle à l'AFP. C'est générationnel, on a tous et toutes vu ou senti dans le regard de l'autre, à un moment, une connaissance de la pornographie. Mais c'est un regard sur un personnage que j'aime, je n'essaie pas de le castrer".

Lors de l'entretien à Paris fin novembre, une alerte tombe sur son smartphone, comme un clin d'œil: "Pornographie sur internet/Macron donne six mois aux opérateurs pour mettre le contrôle parental par défaut". Les téléphones portables, le net, par extension les réseaux sociaux, c'est aussi un sujet de réflexion et de chansons.

- "Esprit Kill Bill" -

"A partir de quel moment on se réjouit ? Aujourd'hui, il faut se réjouir immédiatement, c'est ça que je chante: +Au bouton qu'il me presse/il attend que'j'crie oh yes+. C'est comme une story sur Instagram, il faut tout de suite que ça plaise et on passe à autre chose, alors que le corps c'est tout le contraire, ça prend du temps".

"Pornographie est partie d'un ressenti, d'une situation qui m'avait vraiment affectée mais ce qui en ressort c'est un esprit Kill Bill - entre nous en studio on appelait ce morceau Tarantino, avec ces accords de guitare comme dans ses films", rebondit-elle.

Il y a aussi le dernier morceau de l'EP, "Parle avec moi", plus lent, mais tout aussi ciselé. "Cette chanson a été écrite en studio le jour même, j'ai pris des notes sur les beats et il y a eu une sorte de synergie entre la +prod+ et ce que j'avais à dire à ce moment là", expose-t-elle. "Ca parle du rapport à l'autre, ce qu'on lui dit et ce qu'on ne lui dit pas".

On y entend l'expression "réduit en un seul bois noir", qui renvoie à un poème d'Arthur Rimbaud ("Quand le monde sera réduit en un seul bois noir pour nos quatre yeux étonnés"). "Et oui, mes inspirations, ça va de Travis Scott pour le rap à Rimbaud", sourit-elle avec malice. Elle écoute aussi "6lack" (prononcez Black), Missy Elliot ou encore Aaliyah. "Et j'écoute toujours l'album The Eminem Show car à la base, je suis batteuse et je m'entraînais sur ces tracks-là".

- "Côté geek" -

Mais quel est donc son parcours? "J'ai grandi avec la musique, j'ai commencé par chanter, puis la batterie, un groupe de rock à l'école, le piano pour m'accompagner car je faisais du jazz et de fil en aiguille, je produisais dans ma chambre", fait-elle défiler.

Elle confesse un "côté geek", avec au lycée Louis le Grand à Paris une filière Sciences de l'ingénieur. Elle a pu accéder à autant "d'outils" musicaux grâce à son "père compositeur de musiques de films, de films d'horreur".

Elle n'en dira pas plus. Elia a aussi fait "un peu de musique aux USA", après "une bourse pour le Berklee College à Boston". "Avant, on a un rêve américain, mais je me sens française dans mes textes, je ne voulais pas chanter en anglais", commente-t-elle.

Pour la suite, les objectifs sont fixés: "un album en 2020, au printemps avant les festivals d'été pour que je puisse m'exprimer à fond".

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