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REPORTAGE

Meurtre de Daphne Caruana : le Premier ministre maltais acculé

La pression populaire a poussé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, à annoncer sa démission, mais les Maltais continuent de réclamer justice après l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia.
La pression populaire a poussé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, à annoncer sa démission, mais les Maltais continuent de réclamer justice après l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia. Capture d'écran France 24

Malgré l'annonce de sa démission en janvier prochain, le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, reste sous pression. La rue continue de réclamer justice, et une délégation parlementaire a été envoyée par l'Union européenne pour enquêter sur la possible ingérence du chef de l'exécutif dans l'enquête sur l'assassinat de Daphne Caruana Galizia.

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Cris, insultes, jets d'œuf... L'annonce de la démission de Joseph Muscat, en janvier prochain, n'a pas suffi à calmer la rue. Le Premier ministre maltais, soupçonné d'ingérence dans l'enquête sur l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia, voit l'étau se resserrer chaque jour.

La pression populaire l'a poussé à annoncer sa démission, mais cela est bien loin d'être suffisant pour les Maltais. Ils réclament justice et demandent sa démission immédiate.

"Ils ne partiront pas, parce qu'ils ont honte, parce qu'ils sont impopulaires ou parce qu'ils ont perdu le soutien des Maltais", affirme Corinne Vella, la sœur de la journaliste assassinée. "Ils vont partir parce qu'ils le doivent. Ces manifestations sont très importantes, car elles les empêchent de continuer à agir comme ils l'ont fait ces six dernières années".

"Il ne peut pas y avoir de confiance tant qu'il reste au pouvoir"

Joseph Muscat est suspecté d'avoir tenté de protéger son ancien chef de cabinet, Keith Schembri, désigné par plusieurs témoins comme étant l'un des commanditaires de l'assassinat de Daphne Caruana Galizia. Le Premier ministre aurait également été informé régulièrement par la police de l'avancée de l'enquête. Une absence de séparation des pouvoirs dénoncée par certaines ONG.

"Les responsables des institutions chargées de protéger nos libertés sont quasiment tous nommés par le Premier ministre et les membres de son gouvernement", dénonce Neil Falzon, responsable de l'ONG Aditus. "Il est impossible que les droits fondamentaux des Maltais soient respectés, quand les autorités sont si proches du gouvernement".

Ces irrégularités ont d'ailleurs poussé l'Union européenne à envoyer une délégation parlementaire pour enquêter, cette semaine. Sophie In't Veld, cheffe de la mission du Parlement européen à Malte, déclare avoir "de sérieuses réserves sur le maintien en poste de Joseph Muscat".

"Nous ne voulons pas prendre le risque de voir l'enquête sur l'assassinat de Daphne Caruana Galizia compromise de quelle que manière que ce soit", affirme-t-elle. "La confiance doit être totale et il ne peut pas y avoir de confiance tant qu'il reste au pouvoir".

Les eurodéputés ont ainsi demandé aux dirigerants européens de prendre position sur le cas Joseph Muscat. Ces derniers siègeront à la même table lors du conseil européen des 12 et 13 décembre prochains.

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