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Retraites: des transports très touchés, des syndicats renforcés, l'exécutif sous pression

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Paris (AFP)

Après une mobilisation massive jeudi, la grève se poursuit vendredi notamment dans les transports, alors que les syndicats opposés à la réforme des retraites, ragaillardis, doivent décider de la suite du mouvement social, avant d'éventuelles concessions de l'exécutif.

Tous les partenaires sociaux vont être reçus lundi par la ministre des Solidarités Agnès Buzyn et par le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye, a annoncé Mme Buzyn en affirmant que la "colère des Français" a été "entendue".

La veille, au moins 800.000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, ont manifesté en France, et des secteurs entiers d'activité ont tourné au ralenti pour protester contre le futur "système universel" de retraite. La CGT a revendiqué plus d'1,5 million de manifestants dans le pays et y a vu "une première étape réussie". Une mobilisation "d'une ampleur rare, inédite depuis 2010 et 1995", lors de précédentes réformes des retraites, a abondé Force ouvrière.

Vendredi, après une paralysie importante des transports la veille en particulier en région parisienne, la situation restait extrêmement perturbée. A Paris, la reconduction du mouvement à la RATP a été votée jusqu'à lundi et 9 lignes de métro restaient fermées.

Le trafic est globalement "conforme à ce qu'on avait annoncé", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la RATP. "C'est même un petit peu meilleur que prévu". Les lignes automatiques 1 et 14 fonctionnent "normalement", la 3 a finalement ouvert à 06H30 entre Pont de Levallois et Havre-Caumartin et deux stations supplémentaires ont ouvert sur la ligne 4, qui traverse Paris du Nord au Sud.

Même son de cloche à la SNCF: "la situation est conforme à ce qui a été annoncé hier (...), grosso modo, en Ile-de-France, c'est un train sur cinq".

- Fantomatique -

Les nerfs des usagers des transports en public de la région parisienne étaient parfois mis à rude épreuve.

"C'est un cauchemar, les gens sont encore plus fous que d'habitude. En arrivant à Gare du Nord, ils ne nous laissaient pas descendre", a commenté Lola, dans le RER B. "J'étais en lévitation, mes pieds ne touchaient plus le sol", a raconté Marie-Gwenaëlle, qui quittait une rame de la même ligne.

A la Gare du Nord, le hall donnant accès aux trains desservant la banlieue et les grandes lignes était très calme, tandis qu'au sous-sol, les quais du métro étaient noirs de monde, a constaté une journaliste de l'AFP.

La gare de Strasbourg, fantomatique dans le brouillard, était elle aussi quasi déserte.

En France, la direction de la SNCF anticipe 90% de TGV et 70% de TER annulés. Le taux de grévistes au sein de la compagnie ferroviaire avait atteint 55,6% jeudi, du jamais vu depuis 2007.

Les routes de l'agglomération parisienne totalisaient, elles, environ 340 kilomètres de bouchons vers 8H00 vendredi, un niveau exceptionnel à cet horaire.

Air France a annoncé l'annulation vendredi de 30% de ses vols intérieurs et 10% de ses moyen-courriers, EasyJet, Transavia et Ryanair laissant également des avions au sol. Les compagnies aériennes ont été priées de réduire de 20% leur programme.

Dans l'éducation, où la mobilisation a été massive jeudi, une partie des écoles restaient fermées vendredi. Le ministère de l'Éducation a recensé jeudi 51,15% d'enseignants grévistes dans le primaire et 42,32% dans le secondaire.

- De nouvelles manifestations samedi -

Faut-il s'attendre à de nouvelles manifestations dès samedi, pour gonfler les actions déjà prévues contre le chômage et la précarité ? L'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU...) et les organisations de jeunesse se réunissent vendredi au siège de Force ouvrière pour en décider, afin de pousser le pouvoir à abandonner sa réforme.

Jeudi, certaines manifestations ont été marquées par des heurts, à Paris, Lyon, Montpellier ou Toulouse notamment, mais le chef du gouvernement, Edouard Philippe, a rendu "hommage" aux syndicats, notant que dans "un très grand nombre de villes", les manifestations "se sont bien passées".

Le président Emmanuel Macron est "calme et déterminé à mener cette réforme, dans l'écoute et la consultation", a fait savoir l'Élysée jeudi, en précisant que son Premier ministre "s'exprimerait vers le milieu de la semaine prochaine sur l'architecture générale de la réforme".

A l'origine de la colère: le "système universel" par points censé remplacer à partir de 2025 les 42 régimes de retraites existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires). L'exécutif promet un dispositif "plus juste", quand les opposants redoutent une "précarisation" des retraités.

Jeudi, sept des huit raffineries françaises ont été en grève. Les fonctionnaires de police ont effectué un service minimum. A EDF, le taux de grévistes a atteint 41,4% selon la direction. Enedis a fait part d'un taux de 60,37% de grévistes. Éboueurs, avocats, retraités ou transporteurs routiers avaient aussi appelé à l'action. De même que des "gilets jaunes", le PS, LFI, le RN ou le PCF. Et des syndicats peu coutumiers des manifestations ont été de la partie, dont des fédérations de l'Unsa, des syndicats de la CFTC, et surtout la CFE-CGC.

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