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Aux États-Unis, le programme d'entraînement des militaires saoudiens remis en cause

Le personnel de la Joint Terrorism Task Force sur place après une fusillade survenue le 6 décembre 2019 dans une base navale de Pensacola, en Floride.
Le personnel de la Joint Terrorism Task Force sur place après une fusillade survenue le 6 décembre 2019 dans une base navale de Pensacola, en Floride. Photo du FBI pour AFP
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Vidéo par : Matthieu MABIN
6 mn

Deux jours après qu'un Saoudien en formation militaire a abattu trois personnes sur une base aéronavale aux États-Unis, plusieurs républicains ont remis en question, dimanche, la formation des militaires saoudiens sur le sol américain. Selon le FBI, la piste terroriste n'est pas écartée.

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Le programme d'entraînement des militaires saoudiens sur le sol américain a été remis en cause dimanche 8 décembre aux États-Unis, deux jours après qu'un Saoudien en formation a tué trois personnes sur une base aéronavale de Floride. Des centaines de militaires saoudiens suivent chaque année des formations au sein des forces armées américaines, illustration des liens forts qui unissent les deux pays alliés.

Chose rare en ces temps de destitution, dans une Amérique divisée comme jamais politiquement, élus républicains et démocrates s'accordaient sur un point au surlendemain de la fusillade : les échanges militaires entre Washington et Riyad doivent être examinés de près.

Le programme d'entraînement "doit être suspendu" tant que la lumière n'aura pas complètement été faite sur les événements en Floride, a estimé dimanche matin sur Fox News le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président Donald Trump.

Mohammed Alshamrani, 21 ans, sous-lieutenant dans l'armée de l'Air saoudienne, a ouvert le feu vendredi avec une arme de poing dans une salle de cours de la base de Pensacola, faisant trois morts et huit blessés, avant d'être abattu par la police.

"Cela a l'air d'être du terrorisme"

Les enquêteurs cherchaient toujours, deux jours plus tard, à déterminer les motivations de l'assaillant, qui aurait publié sur Twitter avant son attaque des messages hostiles envers les États-Unis, et s'il avait agi seul.

"Nous travaillons, comme dans la plupart des enquêtes sur les fusillades, avec la présomption qu'il puisse s'agir d'un acte de terrorisme", a déclaré dimanche lors d'une conférence de presse Rachel Rojas, qui supervise l'enquête du FBI.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O'Brien, est allé plus loin, en affirmant que "cela a l'air d'être du terrorisme". "Il faudra voir ce que l'enquête du FBI montre", a-t-il ajouté dimanche sur CBS. 

"L'Arabie saoudite est un allié, mais il y a ici quelque chose de fondamentalement mauvais. Nous devons ralentir ce programme et le réévaluer", a insisté, pour sa part, Lindsey Graham.

Un autre républicain, Matt Gaetz, qui représente au Congrès la Floride où a eu lieu l'attaque, a lui aussi appelé dimanche, sur la chaîne ABC, à "mettre le programme en pause".

Surveiller les étudiants saoudiens aux États-Unis 

"Nous ne devrions pas accueillir de nouveaux étudiants saoudiens tant que n'avons pas absolument confiance en notre processus de contrôle", a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de "surveiller leurs activités afin de s'assurer qu'il n'y a pas de radicalisation".

Le ministre américain de la Défense Mark Esper a indiqué dimanche sur Fox News qu'il avait demandé "un examen des procédures de contrôle des ressortissants étrangers venant (en formation) aux États-Unis", tout en défendant l'utilité de ce type de programmes.

"Nous disposons de quelque chose que n'ont pas nos adversaires potentiels, comme la Russie et la Chine", a-t-il souligné. "La possibilité de faire venir ici des étudiants étrangers pour s'entraîner avec nous, pour comprendre la culture américaine, nous est très importante afin de construire ces relations au long cours qui contribuent à notre sécurité".

Des liens avec l'Arabie saoudite dénoncés 

L'opposition démocrate a dénoncé pour sa part la politique du gouvernement Trump vis-à-vis de l'Arabie saoudite, l'accusant de faire passer ses intérêts économiques et militaires avant le respect des droits humains.

"La relation que nous entretenons est inacceptable", a jugé dimanche sur ABC le candidat à la Maison Blanche Cory Booker, évoquant notamment les avions américains qui "ravitaillent leurs avions militaires pour aller lâcher sur le Yémen des bombes faites aux États-Unis".

De son côté, Adam Schiff, président démocrate de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, a dit dimanche sur CBS que le Congrès allait faire pression sur l'Arabie saoudite afin qu'elle mène aussi de son côté "une enquête complète" sur la fusillade en Floride. 

"Et je préfèrerais que le président des États-Unis, plutôt que de parler au nom du gouvernement saoudien, lui demande des réponses", a-t-il ajouté. 

Avec AFP

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