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Réforme des retraites : le bras de fer s’organise entre syndicats et gouvernement

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martínez.
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martínez. Benoit Tessier, Reuters
6 mn

L’exécutif est confronté depuis le 5 décembre à un front syndical qui rejette son projet de réforme des retraites. “Nous tiendrons jusqu’au retrait”, annonce le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, dimanche dans le JDD. Le Premier ministre se dit, quant à lui, “déterminé à mener la réforme jusqu’à son terme”.

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Ils prennent tous deux la parole dans le Journal du Dimanche. Tous deux sont aux avant-postes quant au projet de réforme des retraites que doit détailler, mercredi, l’exécutif. Le Premier ministre, Édouard Philippe, et le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, assoient, dimanche 8 décembre, leur position respective dans ce bras de fer entre gouvernement et syndicats. Une situation qui touche de plein fouet les transports en France depuis le 5 décembre.

“Ce qui est inacceptable, c’est leur projet. Il n’y a rien de bon” dedans, affirme Philippe Martinez, qui se félicite du “très beau succès” de la manifestation interprofessionnelle de jeudi – qui a réuni entre 806 000 (Intérieur) et plus de 1,5 million de personnes (CGT) dans l’Hexagone. Pour le secrétaire général du syndicat, “la balle est dans le camp du gouvernement”.

Le Premier ministre, quant à lui, ne dévie pas de la ligne esquissée vendredi après-midi lors d’une prise de parole à Matignon, à savoir le maintien du calendrier prévu avec une présentation en détail du projet de réforme des retraites mercredi. “Je suis déterminé à mener la réforme à son terme’, affirme Édouard Philippe, “et très soucieux de le faire en respectant les gens et en répondant à leurs inquiétudes”, poursuit-il dans un souci de “en même temps” cher à Emmanuel Macron.

 

De la “souplesse” pour les syndicats réformistes

Dans la presse, chaque protagoniste du conflit actuel campe sur ses positions, mais en coulisses la donne pourrait changer en quelques jours. L’exécutif, qui ne se dit “pas du tout surpris” par l’ampleur des cortèges, réaffirme qu’il est prêt à faire preuve de “souplesse” sur plusieurs points de son projet, notamment sur le calendrier d’application de la réforme des retraites.

“Ce sera non”, répond dimanche Philippe Martinez. “Je ne veux pas que nos petits-enfants nous disent : ‘Tu as pu partir à tel âge, mais en contre-partie, tu as sacrifié ma retraite'. […] Nous tiendrons jusqu'au retrait", assure le secrétaire général de la CGT.

>> À lire : Dix choses à savoir sur le projet de réforme des retraites

Si la CGT entend rester inflexible, cette transition allongée vers le “régime universel” voulu par l’exécutif pourrait intéresser des syndicats réformistes comme la CFDT ou l’Unsa. Ce dernier, actuellement engagé contre le projet de réforme, dispose d’une base solide au sein de la RATP et de la SNCF – à l’origine des fortes perturbations actuelles dans les transports. Le gouvernement fait aussi des ouvertures auprès de la CGC, proposant au syndicat une “transition sur-mesure” pour les cadres à haut salaire, selon Les Échos.

Par ailleurs, des arbitrages seraient encore en cours pour savoir quelle génération serait touchée en premier par la prochaine réforme des retraites. Selon le JDD, cette dernière ne s'appliquerait qu'aux Français nés après 1973, voire à plus longue échéance pour les salariés dépendants d'un régime spécial. Cela reviendrait pour l'exécutif à différer d'au moins dix ans l'effet de sa réforme, étant donné que jusqu'à maintenant le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, suggérait que la génération 1963 serait la première concernée.

Ces concessions suffiront-elles à résoudre le conflit social actuel ? "Si on ne fait pas une réforme profonde, sérieuse, progressive aujourd'hui, quelqu'un d'autre en fera une demain brutale, vraiment brutale", avertit Édouard Philippe, qui devait se réunir autour d'Emmanuel Macron et les ministres concernés dimanche soir à l'lysée.

Reste que les opposants à la réforme des retraites n’entendent pas réduire leur mobilisation pour l'instant. Les transports seront encore très fortement perturbés lundi et mardi. Ce même mardi, ils ne seront pas les seuls à l'arrêt : une nouvelle journée de grève interprofessionnelle et de grèves est prévue. Le syndicat d'enseignants SNUipp-FSU a notamment appelé les personnels des écoles à "s'engager massivement".

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