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Grèves: l'inquiétude monte chez les commerçants, restaurateurs et professionnels du tourisme

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Paris (AFP)

Avec la grève qui s'installe dans les transports, un an après le coup dur déjà porté par le mouvement des "gilets jaunes", l'inquiétude monte chez les commerçants, hôteliers, restaurateurs et professionnels du tourisme, surtout en région parisienne.

"Le week-end a été catastrophique: Paris était vide, les restaurants, les brasseries... Même la restauration rapide, tout le monde était touché, avec jusqu'à 50% de perte de chiffre d'affaires", a affirmé lundi à l'AFP le porte-parole du GNI-Synhorcat (indépendants).

Pour lui, "ceux qui souffrent énormément, ce sont les restaurants de destination, pour lesquels la clientèle accepte de faire quelques kilomètres."

"Quant au déjeuner, les salariés réduisent leur pause au minimum et se contentent d'un sandwich", a-t-il ajouté, en soulignant par ailleurs que "certains restaurants de quartier, en proche banlieue parisienne, ont pu, eux, faire le plein pendant le week-end".

- Menace sur le meilleur mois de l'année -

Même inquiétude à l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie (Umih, principale organisation du secteur): "A Paris, en hôtellerie, on est à environ 30% de baisse d'activité, et en restauration, à 40%, voire 50% dans certains endroits, et je ne parle pas des parcours de manifestations où on a demandé aux établissements de fermer", indique à l'AFP Franck Delvau, son co-président pour Paris et l'Ile-de-France.

Des réunions, congrès et séminaires ont aussi été reportés.

Ce qu'il se passe actuellement est "dramatique" pour la profession "parce que décembre est l'un des meilleurs mois de l'année", a souligné M. Delvau. "Nous avons demandé au gouvernement des mesures d'accompagnement, mais nous voulons surtout que ça s'arrête."

"Le poids du mois de décembre étant le double de la moyenne des autres mois de l'année dans les centres commerciaux, une poursuite des grèves au-delà de cette semaine serait catastrophique pour notre filière, après une fin d'année dernière compliquée", renchérit Gontran Thüring, délégué général du Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC).

C'est encore plus problématique dans le secteur des jouets, où la moitié de l'activité se fait en fin d'année. Jacques Baudoz, le président de JouéClub, a évoqué lundi sur Europe 1 "une baisse de 20% du chiffre d'affaires ce week-end" dans les magasins de l'enseigne situés dans les grandes villes.

- "Rassurer les touristes" -

Les commerçants doivent être reçus dans la semaine par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et sa secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, mais celle-ci s'est surtout inquiétée lundi des conséquences sur le tourisme.

"Le sujet le plus sensible aujourd'hui, c'est de rassurer les touristes sur le fait qu'ils peuvent venir, notamment à Paris", a-t-elle affirmé sur Cnews.

"La perception de ces grèves depuis l'étranger, c'est que la France est à la fois bloquée et violente, et c'est une image qui n'est pas nouvelle après les mouvements des +gilets jaunes+. Ce n'est bien sûr pas bon pour le tourisme, pour les voyages et pour les réservations à venir", a résumé à l'AFP Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage.

Or, le secteur est déjà sous tension en raison de l'effet "gilets jaunes" qui continue de se faire sentir, ainsi que par le contexte lié au Brexit: au troisième trimestre (juillet-août-septembre), les nuitées des touristes étrangers ont ainsi chuté de 4,7% dans les hôtels d'Ile-de-France, selon l'Insee.

Mme Pannier-Runacher a par ailleurs qualifié le week-end de "contrasté" pour le commerce à Paris et de "bon" dans d'autres villes. Le CNCC confirme que, depuis le début du mouvement, "les centres commerciaux franciliens ont enregistré une baisse de fréquentation de 6%", tandis qu'elle était "relativement stable" en province.

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