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Rohingya en Birmanie : Aung San Suu Kyi devant la Cour internationale de justice

Aung San Suu Kyi quittant l’aéroport international de Naypyidaw, en Birmanie, le 8 décembre 2019.
Aung San Suu Kyi quittant l’aéroport international de Naypyidaw, en Birmanie, le 8 décembre 2019. Myanmar's State Counsellor Office/Handout via REUTERS.

Chantre de la démocratie en Birmanie, la cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi se trouve à partir de mardi devant la Cour internationale de justice (CIJ), à La Haye. La Birmanie est accusée de "génocide" contre les Rohingya par d'autres nations.

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C’est une ancienne icône de la démocratie qui se retrouve devant la justice internationale. La cheffe du gouvernement birman Aung San Suu Kyi, qui a reçu le prix Nobel de la paix, est arrivée mardi 10 décembre à la Cour internationale de justice (CIJ), à La Haye, pour défendre la Birmanie, accusée par d'autres pays de "génocide" contre les Rohingya.

Vêtue d'une robe traditionnelle birmane, la cheffe de facto du gouvernement birman est rapidement sortie de voiture sans s'adresser aux médias présents, a constaté un journaliste de l'AFP.

Celle qui fut lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 se trouve à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye pour assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause pour des exactions à l'encontre de la minorité musulmane rohingya en 2017.

La Birmanie est accusé de génocide par la Gambie, mandatée par les 57 États membres de l'Organisation de la coopération islamique, qui estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.



La CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, créé en 1946 pour régler les différends entre Etats membres, tient de premières audiences de mardi à jeudi dans ce dossier ultrasensible.

Depuis août 2017, quelque 740 000 Rohingya se sont réfugiés au Bangladesh voisin pour fuir les exactions de l'armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de "génocide" par des enquêteurs de l'ONU.

"Meurtre de masse et viol"

"Les actes génocidaires commis au cours de ces opérations visaient à détruire les Rohingya en tant que groupe, en tout ou en partie, par le recours au meurtre de masse, au viol et à d'autres formes de violence sexuelle", a déclaré la Gambie dans sa communication à la Cour.

"Je demande que le monde nous rende justice", a déclaré Nur Karima, une réfugiée rohingya dont les frères et grands-parents ont été tués lors d'un massacre dans le village de Tula Toli en août 2017. "Je veux voir les condamnés être menés à la potence. Ils nous ont tués sans pitié", a témoigné auprès de l'AFP Saida Khatun, une autre réfugiée de Tula Toli.

Les autorités birmanes maintiennent quant à elles que les militaires n'ont fait que réagir aux attaques de la rébellion rohingya, et qu'il n'y a eu ni nettoyage ethnique ni génocide.

Encore citée aux côtés de grand noms comme Nelson Mandela et Mahatma Gandhi dans un passé pas si lointain, Aung San Suu Kyi, 74 ans, a vu son image ternie depuis qu'elle a pris la défense des généraux de l'armée birmane.

Elle peut cependant se targuer d'un large soutien dans son pays.

Aung San Suu Kyi devrait présenter mercredi la défense de la Birmanie, devenant un des premiers dirigeants à s'adresser personnellement aux juges de la Cour. Celle-ci n'a établi qu'une seule fois qu'un génocide avait été commis : le massacre de 8 000 hommes et garçons musulmans en 1995 à Srebrenica, en Bosnie.

La cheffe du gouvernement birman devrait faire valoir que la CIJ n'a pas compétence en l'affaire, que l'armée birmane ciblait des rebelles rohingyas, et que le pays est parfaitement capable de mener à bien ses propres enquêtes.

Avec AFP

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