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Une école porte haut la comédie musicale "à la française"

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Créteil (AFP)

"La comédie musicale, ça ne marchera jamais en France": Lorsque Pierre-Yves Duchesne abandonne sa carrière de chanteur pour fonder en 2004 à Paris une école de formation dédiée au théâtre musical, son agent le traite de fou.

Quinze ans plus tard, l'Académie internationale de comédie musicale (Aicom) est devenue une sorte de référence nationale et au-delà, passant de 25 étudiants à sa création à 1.200 actuellement. Avec pour but d'offrir une formation "à la française" dans un genre considéré comme l'apanage des pays anglos-saxons.

"On fait la même chose qu'eux mais avec la +french touch+", affirme à l'AFP M. Duchesne, acteur et chanteur belge à la carrière internationale, par ailleurs coach vocal de Lara Fabian, d'Amir et pour l'émission "The Voice".

Dans les locaux de l'Aicom à Créteil, en banlieue parisienne, le directeur qui est également l'un des 60 professeurs de l'Académie, travaille au piano avec un groupe d'étudiants sur l'échauffement de la voix et l'articulation avant d'entamer un morceau de "La Vie parisienne" d'Offenbach.

"Evitez la gutturalisation, la nasalisation", leur conseille-t-il, avec une voix tantôt tonitruante, tantôt taquine.

- "Iconoclaste" -

"La première difficulté en créant l'Académie a été de faire comprendre à la France que la comédie musicale, c'est vous qui l'avez inventée!", s'exclame-t-il.

Pour lui, l'histoire de la comédie musicale démarre en quelque sorte quand Jacques Offenbach, maître de l'opérette, demande à la cantatrice française Hortense Schneider de danser et chanter tout en jouant la comédie dans le Paris de la moitié du XIXe siècle, un principe récupéré puis développé plus tard par des compositeurs anglais et américains.

Première académie du genre en France, l'Aicom a fait grincer des dents, dans un pays où le chant, la danse et le théâtre "ont l'habitude de fonctionner en vase clos", estime M. Duchesne. "On m'a dit que j'étais un iconoclaste car quelqu'un qui veut faire du chant va au Conservatoire... pour le théâtre il y a des cours privés".

Pour offrir une formation variée nourrie de tradition française, "j'ai compilé toute une série de techniques très largement inspirées par l'art de chant français des années 1920-30, qui privilégie la diction et l'importance du sens", explique l'artiste de 53 ans.

La tradition anglo-saxonne, "c'est avant tout la sonorité; ce qui nous caractérise, c'est un certain raffinement au niveau du texte, l'élégance du mot".

- Mistinguett reprise par Barbra Streisand -

En France, l'engouement pour les comédies musicales anglo-saxonnes a grandi: "Un Américain à Paris" au Châtelet et "Funny Girl" à Marigny font un tabac. D'après M. Duchesne, les théâtres parisiens se tournent de plus en plus vers l'Aicom pour y repérer les talents.

Avec des projets de collaboration de Stuttgart à Saint-Pétersbourg, l'Académie est sur le point de signer un partenariat avec une université aux Etats-Unis, chasse gardée des "musicals".

Il leur a présenté le travail pédagogique de l'Aicom sur Offenbach, Maurice Yvain, auteur notamment de "Mon homme" interprétée par Mistinguett, et reprise en 1968 par Barbra Streisand dans le film Funny Girl sous le titre My Man, Reynaldo Hahn, compositeur chanteur incontournable de la Belle Epoque ou encore André Messager qui a modernisé l'opérette et Francis Lopez.

Il rapporte leur étonnement: "Ils nous disent +It's musical!+".

L'Aicom offre une formation sur trois ans en français et en anglais et ses diplômés font carrière au Japon, en Amérique Latine et même à Londres.

Le cursus vocal, où ils apprennent la technicité pure et la relaxation, est aussi diversifié que la comédie musicale, qui va de "We will Rock you" au "Fantôme de l'Opéra" en passant par "Spring Awakening" ou "Sunset Boulevard".

Dans une autre salle, Justine Nouveau, professeure de danse, fait répéter du jazz Broadway. "Il faut être spécialiste dans les trois disciplines, c'est ça qui est difficile".

L'Aicom auditionne également en région. Julie Ortega, 20 ans, a été repérée à Clermont-Ferrand. "J'aimerais beaucoup jouer et chanter Pauline dans +Les Misérables+", sourit-elle. "Je rêve comme beaucoup de monde d'être sur les plus grandes scènes à Broadway, partout dans le monde!".

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