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Réforme des retraites : les syndicats réformistes, CFDT en tête, se joignent à la contestation

Le Premier ministre Édouard Philippe annonçant les contours de la réforme des retraites, le 11 décembre 2019, à Paris.
Le Premier ministre Édouard Philippe annonçant les contours de la réforme des retraites, le 11 décembre 2019, à Paris. Thomas Samson / Pool vía Reuters
6 mn

Les organisations réformistes CFDT, Unsa et CFTC n'ont pas été convaincues par les mesures annoncées par le Premier ministre Édouard Philippe, notamment en ce qui concerne l'instauration d'un âge d'équilibre à 64 ans. Elles affirment que le gouvernement a franchi une "ligne rouge". 

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Le discours d'Édouard Philippe prononcé mercredi 11 décembre sur la réforme des retraites ne passe pas du côté des syndicats. La perspective de l'instauration d'un "âge d'équilibre" à 64 ans en 2027 suscite la colère des syndicats, y compris des organisations partisanes de la retraite universelle à points, comme la CFDT et la CFTC. Ces dernières appellent désormais à rejoindre la mobilisation le 17 décembre.

"Il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c'était le fait de ne pas mélanger la nécessité d'une réforme systémique (...) et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps, cette ligne rouge est franchie", a réagi Laurent Berger, très courroucé à l'issue de l'allocution du Premier ministre.

De son côté, Édouard Philippe s'est dit "ferme" sur le principe d'un système de retraite universel mais "pas fermé" à la discussion avec les organisations syndicales.

Appel à la mobilisation le 17 décembre

À l'issue d'un bureau national, le premier syndicat français a appelé dans la soirée "l'ensemble des travailleurs à se mobiliser le 17 décembre", date prévue pour la prochaine mobilisation par les opposants à la réforme. La CFDT exige que le gouvernement "renonce à toute mesure d'âge et rouvre les discussions pour un système de retraite universel réellement juste".

Autre partisane du système universel, la CFTC a aussi appelé à rejoindre la mobilisation du 17 décembre, refusant "l'âge pivot tel qu'annoncé par le Premier ministre avant même la mise en place de la future gouvernance" du nouveau régime.

Même "déception" pour le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure, qui n'était pas non plus opposé au système à points. "On a eu la désagréable surprise, qui est une ligne rouge pour nous, qui est la question de la mesure d'âge", a-t-il déclaré.

Sans surprise, les syndicats opposés au principe même de la retraite par points ont estimé être confortés dans leur analyse.

"Le gouvernement s'obstine sur son projet de régime unique à points et ne veut pas prendre la mesure de la mobilisation exprimée par les salariés en grève", a déploré l'intersyndicale (FO-CGT-FSU-Solidaires et quatre organisations de jeunesse). Les organisations syndicales réaffirment "leur appel à renforcer la mobilisation par la grève et sa reconduction quand les salariés le décident et par les manifestations notamment les 12 et 17 décembre".

Le recul du gouvernement

Le 17 décembre, "il n'y aura que le Medef qui ne sera pas en grève", a ironisé dans la soirée sur LCI le numéro un de la CGT, Philippe Martinez. De son côté, Force ouvrière voit dans le recul du gouvernement sur l'application de la réforme (de la génération 1963 à 1975) "une conséquence de la mobilisation exceptionnelle" engagée le 5 décembre.

La CFE-CGC reste elle aussi "dans le camp des opposants", selon son président François Hommeril, qui juge la "réforme de plus en plus dangereuse".

Dans la fonction publique, l'annonce de la "sanctuarisation" du niveau des pensions des enseignants, avec une revalorisation progressive à partir de 2021, n'a pas non plus satisfait.

"Le mécontentement et la détermination restent entiers", a réagi Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération syndicale chez les enseignants. "On ne sait toujours pas ce qu'Édouard Philippe propose pour compenser la fin du calcul des pensions sur les six derniers mois", a-t-elle déclaré.

"S'agissant des revalorisations de carrière annoncées – qui oublient de nombreuses catégories professionnelles –, comment accorder le moindre crédit à des interlocuteurs qui refusent systématiquement et depuis des années la moindre augmentation de la valeur du point, d'un coût pourtant nettement inférieur ?", a réagi l'intersyndicale de la fonction publique (CGT, FA, FO, FSU et Solidaires).

"On va dans le mur"

Dans les entreprises publiques, les principaux syndicats ont également exprimé leur mécontentement au discours du Premier ministre, qui a réaffirmé sa volonté de mettre fin aux régimes spéciaux.

Pour la fédération CGT des cheminots, "les annonces du Premier ministre doivent encourager les salariés à renforcer la grève", a estimé son secrétaire général, Laurent Brun. "Là, je pense qu'on va dans le mur", a jugé pour sa part Bruno Poncet, secrétaire fédéral de Sud-Rail.

L'Unsa, premier syndicat à la RATP, appelle à "installer la mobilisation dans la durée" et à "élargir le mouvement au-delà des transports", a indiqué son secrétaire général, Thierry Babec.

"Ce qu'on a retenu (du discours), c'est la fin des régimes spéciaux et la fin des statuts. C'est une déclaration de guerre", a réagi Sébastien Menesplier, secrétaire fédéral CGT nergie.

Le gouvernement n'a guère obtenu plus de succès auprès des professions libérales, à l'image des avocats qui voteront "des actions ce vendredi".

Avec AFP

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