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Taux d'intérêt de la Fed: halte aux baisses pour l'instant

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Washington (AFP)

Pour sa dernière réunion monétaire de l'année, la Banque centrale américaine (Fed) devrait se mettre en mode pause sur les baisses de taux après trois réductions depuis juillet qui ont stimulé l'économie des Etats-Unis.

A plus de 99%, les acteurs sur les marchés s'attendent à ce que la Fed adopte un statu quo et laisse son taux au jour le jour entre 1,50% et 1,75%, selon l'évaluation des produits à terme de CME Group.

La réunion de deux jours du Comité monétaire (FOMC) "a repris à 14H00 GMT comme prévu", a indiqué un porte-parole de la Fed mercredi.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, doit tenir une conférence de presse à 19H30 GMT peu après la publication du traditionnel communiqué. Le Comité va aussi divulguer de nouvelles prévisions de croissance, d'inflation et du taux de chômage ainsi que ses projections d'évolution des taux.

Le patron de la Fed a plusieurs fois indiqué depuis la dernière baisse intervenue le 30 octobre que les taux d'intérêt étaient désormais "au bon niveau" compte tenu des tensions commerciales et de la faiblesse de la croissance mondiale.

L'économie des Etats-Unis est dans sa 11e année de croissance relativement soutenue par rapport à la performance des autres pays industrialisés avec un PIB en expansion de 2,1% au troisième trimestre en rythme annuel.

Le marché du travail a encore surpris les économistes par sa vitalité en novembre, avec la création de 266.000 emplois et un taux de chômage à nouveau au plus bas depuis un demi-siècle, à 3,5%.

L'inflation pour sa part reste modeste mais a frémi en novembre, selon l'indice CPI (+0,3% sur le mois) publié mercredi, poussée par une hausse des prix de l'énergie. Pour la première fois depuis un an, elle s'est inscrite à 2,1% sur douze mois, un peu au-dessus de la cible idéale de la Fed, qui préfère toutefois considérer l'indice PCE toujours plus faible.

Ces chiffres devraient en tout cas conforter la Banque centrale dans son intention de lever le pied sur les baisses de taux.

"La Fed va rester à l'écart pendant un certain temps, bien au-delà de cette réunion monétaire", a commenté Andrew Hunter, senior économiste pour Capital Economics.

- Vent d'optimisme sur le commerce -

En outre, un vent d'optimisme souffle sur le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, les deux pays préparant le terrain, selon le Wall Street Journal, pour reporter une nouvelle salve de tarifs douaniers que Washington entendait infliger dès le 15 décembre sur quelque 160 milliards de dollars de marchandises chinoises prisés par les Américains, telles que les téléphones portables ou les chaussures de sport.

Les nouvelles sont bonnes aussi du côté du nouveau traité commercial qui lie les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.

L'accord de libre-échange entre Washington, Mexico et Ottawa (AEUMC) a été bouclé mardi après le feu vert des démocrates américains qui ont obtenu d'importants amendements au texte initial.

Il modernise le traité de l'Aléna signé par Bill Clinton il y a 25 ans et qui a intimement lié les trois économies entre elles.

Alors que les craintes d'une récession se sont dissipées, la Fed semble avoir réussi un atterrissage en douceur.

M. Powell a estimé que les pleins effets des trois baisses de taux d'un total de trois quarts de point de base (0,75%) "se feront sentir sur la durée". Mais il a signalé que ces réductions du coût du crédit "aidaient déjà le moral des consommateurs et des entreprises" ce qui se voit, selon lui, dans l'immobilier et les dépenses de biens durables.

La consommation aux Etats-Unis est la locomotive de la croissance, pesant 70% de l'économie.

Pour sa part, Donald Trump continue, mais un peu moins souvent, de réclamer via Twitter davantage de baisses des taux, voire des taux négatifs comme en zone euro ou au Japon, où la croissance est néanmoins beaucoup plus faible qu'aux Etats-Unis.

La semaine monétaire a été marquée par le décès de l'ancien président de la Fed Paul Volcker, 92 ans, une légende du monde financier et défenseur farouche de l'indépendance de la Fed. Jerome Powell, qui subit le début de son mandat il y a deux ans une pression inédite de la Maison Blanche, a salué la stature du banquier central "qui croyait qu'il n'y avait pas de mission plus élevée que celle du service public".

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