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BCE: Lagarde sous les feux de la rampe pour sa première réunion monétaire

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Francfort (AFP)

La nouvelle présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde dirige sa première réunion de politique monétaire jeudi, où elle entend donner un nouveau souffle côté communication et annoncer un examen de la stratégie de l'institution.

Compte tenu de l'important dispositif de soutien à la conjoncture déjà mis en place par son prédécesseur Mario Draghi, avec un programme de rachats d'actifs tout juste réanimé en novembre à raison de 20 milliards d'euros par mois, aucune grande annonce n'est attendue à cette occasion.

"L'enthousiasme suscité par la montée en puissance" de Mme Lagarde ces dernières semaines "ne vient pas vraiment de possibles changements de politique mais plutôt de la façon dont son style de communication sera différent" de l'Italien, juge Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.

- Jargon -

L'ancienne responsable du Fonds monétaire international, première femme à diriger l'institut monétaire de Francfort, l'a elle même annoncé en septembre devant le Parlement européen: "Il faut impérativement dépoussiérer le langage et s'épargner un excès de jargon technocratique pour permettre aux citoyens, aux consommateurs, à des gens qui ne sont pas forcément des experts en politique monétaire de comprendre à quoi sert la BCE".

Sa conférence de presse à compter de 13H30 GMT marquera ses grands débuts dans le bain monétaire européen. Elle sera scrutée sur chacun de ses mots, les marchés financiers étant à l'affût de toute indication sur ses intentions à venir.

Son prédécesseur avait connu une fin de mandat tumultueuse en imposant des décisions de soutien à l'économie à une minorité de banquiers centraux rétifs au sein du conseil des gouverneurs. Lesquels s'étaient ouvertement rebellés en public.

Le défi de la nouvelle présidente sera de recoller les morceaux au sein d'un institut monétaire très divisé, entre partisans et adversaires d'un large soutien à la conjoncture. Même si elle a jusqu'ici signifié sa volonté de maintenir le cap de Mario Draghi.

La Française a prévenu les députés européens qu'elle était encore en train d'"apprendre le langage des banques centrales", en voulant ne pas "décevoir ceux qui pensent que chaque mot porte le poids de cent ans de politique monétaire".

Mais, a-t-elle aussi annoncé, "j'aurai ma propre manière de traiter certaines questions clés".

De la matière à discussion sera fournie jeudi par un nouveau jet de prévisions macro-économiques de la BCE à l'horizon 2022, avec un abaissement attendu de l'objectif de croissance pour 2020.

Mme Lagarde devrait donc être questionnée "sur l'adéquation de la politique monétaire avec le ralentissement de la conjoncture", prédit Gilles Moec, économiste chez Axa.

- Revue stratégique -

Elle sera aussi interrogée sur la controverse autour du taux négatif sur les dépôts des banques, devenu un outil central de pilotage de la politique monétaire. Abaissé de -0,40 à -0,50% en septembre, il taxe les banques sur les liquidités qu'elles laissent au guichet de la BCE au lieu de les prêter.

Or, ce dispositif commence à avoir des répercussions jusqu'aux ménages, en voyant certaines banques allemandes se mettre à taxer dès le premier centime d'euro les avoirs déposés sur un nouveau compte d'épargne.

Les taux négatifs sont critiqués notamment en Allemagne où les ménages préparent leur retraite en épargnant.

Même impopulaire, une nouvelle baisse du taux de dépôt est pourtant "probable au premier semestre 2020" si la conjoncture se détériore, prévoit Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires chez Allianz.

Désireuse de marquer un changement de régime à la tête de la BCE, Mme Lagarde devrait aussi officiellement lancer jeudi une revue d'ensemble des objectifs et instruments de l'institution, soit une réflexion sur sa stratégie intégrant l'impératif de protection du climat.

L'institution pourrait par exemple aménager les règles de refinancement des banques à son guichet, en favorisant les établissements lui apportant comme garanties des actifs "verts", non liés aux activités les plus polluantes.

La BCE pourrait aussi revoir son objectif d'inflation, inchangé depuis 2003, et jugé trop restrictif par certains économistes.

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