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Après la large victoire de Boris Johnson, cap sur le Brexit

Les premières estimations à la sortie des urnes diffusées sur la façade de la BBC, à Londres, le 12 décembre 2019.
Les premières estimations à la sortie des urnes diffusées sur la façade de la BBC, à Londres, le 12 décembre 2019. Tom Nicholson, Reuters

Selon les résultats officiels, le Premier ministre conservateur Boris Johnson a remporté la majorité absolue aux élections législatives anticipées au Royaume-Uni. Un résultat nécessaire pour la mise en place de son plan de sortie de l'Union européenne.

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C'est une victoire sans appel pour Boris Johnson. Le Parti conservateur du Premier ministre a obtenu une majorité écrasante à la Chambre des communes lors des élections législatives au Royaume-Uni, selon les résultats officiels.

Après dépouillement dans 624 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait déjà remporté 345 sièges à la Chambre des communes, s'assurant d'ores et déjà une majorité absolue, qui lui manquait jusqu'à présent. Les travaillistes remportent, eux, 202 sièges, selon ce même décompte.

Ce "nouveau mandat fort […] donne à ce nouveau gouvernement l'occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique", a souligné Boris Johnson. "Merci à tous ceux à travers le pays qui ont voté, qui se sont portés volontaires, qui se sont présentés. Nous vivons dans la plus grande démocratie du monde", a réagi celui qui a été élu pour un mandat de cinq ans.

Une claque pour les travaillistes

C'est en revanche une claque pour le Labour et son très gauchisant chef Jeremy Corbyn, 70 ans. "Très déçu", ce dernier, désormais sur un siège éjectable, a annoncé qu'il ne conduirait pas le parti aux prochaines élections, tout en souhaitant voir son parti entamer une "réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique". Maigre consolation : il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d'Islington-Nord.

Les travaillistes ont perdu des fiefs symboliques, comme la ville de Workington. Le numéro deux du Parti travailliste britannique, John McDonnell, a jugé jeudi "extrêmement décevante" la défaite cuisante annoncée de son mouvement, l'expliquant par "la fatigue du Brexit" sur lequel le Labour est resté indécis. "Il semble que le sujet du Brexit ait dominé, c'est en grande partie de la fatigue du Brexit. Les gens veulent en finir", a-t-il déclaré sur Sky News.

Les appels à la démission de Jeremy Corbyn ont commencé à fuser. Chef de l'opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, il a payé sa position ambiguë sur la sortie de l'UE, sur lequel il a personnellement refusé de se prononcer. Il voulait renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre aux Britanniques avec comme alternative le maintien dans l'UE.

La livre sterling bondit

Peu après la publication du sondage de sortie des urnes, la livre sterling a bondi à son plus haut niveau depuis mai 2018 face au dollar et depuis juillet 2016 face à l'euro.

Législatives au Royaume-Uni
Législatives au Royaume-Uni Capture d'écran France 24

Pour la France, la victoire annoncée de Boris Johnson devrait permettre une "clarification" sur l'accord de Brexit, a commenté la secrétaire d'État aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin. "Cela devrait permettre une majorité claire" au Parlement britannique, qui doit se prononcer sur l'accord négocié entre Londres et l'UE, prévoyant un divorce au 31 janvier, a-t-elle estimé.

Boris Johnson avait voulu ces législatives, les troisièmes en quatre ans, pour sortir le Royaume-Uni de l'impasse du Brexit, qui divise profondément le pays depuis la victoire du "leave" avec 52 % des voix au référendum de 2016.

Jusqu'ici dépourvu de majorité à la Chambre des communes, le dirigeant de 55 ans arrivé au pouvoir en juillet n'avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l'accord de divorce qu'il avait âprement négocié avec Bruxelles. Durant la campagne électorale, il a promis de soumettre cet accord aux 650 députés nouvellement élus avant Noël avec l'objectif de mettre le Brexit en œuvre le 31 janvier, date à laquelle il est désormais prévu après trois reports.

Réaliser le Brexit devrait permettre d'enfin pouvoir s'atteler aux "priorités" des Britanniques, comme la santé et la sécurité, avait affirmé le chef de gouvernement durant une campagne sans grand relief.

Une période de transition pour la frontière irlandaise

L'accord de retrait organise la frontière irlandaise après le Brexit, les droits des citoyens et les engagements financiers britanniques. Il évite aussi une rupture brutale en introduisant une période de transition jusqu'à fin 2020, prolongeable, pendant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes.

Une fois le divorce acté, s'ouvrira la phase, technique et complexe, des négociations sur la future relation commerciale entre Londres et Bruxelles. Mais avant même qu'elle ne commence, l'affirmation de Boris Johnson de pouvoir la boucler en moins d'un an est jugée irréaliste à Bruxelles.

Avec AFP et Reuters

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