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Marseille: "Payet, Messi ont un don, moi j'ai le travail", dit Alvaro à l'AFP

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Marseille (AFP)

"Je n'ai pas de don": l'Espagnol Alvaro Gonzalez explique dans un entretien à l'AFP ne pas avoir les qualités innées de Dimitri Payet ou Lionel Messi, mais ce défenseur dur au mal compense par le travail, ce qui lui vaut d'être "très aimé" à Marseille.

Q: Êtes-vous le "patron" de la défense, comme le dit votre entraîneur, André Villas-Boas?

R: "Il faut que quelqu'un porte le poids de la défense, sache dire si l'équipe doit jouer plus haut, ou plus bas, surveille l'écart entre les lignes... J'essaie d'aider comme je peux. Quand j'ai signé, André m'a dit que les autres centraux étaient très jeunes, que je pourrais peut-être leur apporter un peu. Là, ils apprennent dans la victoire, mais quand nous traverserons un moment difficile, ce qui arrive forcément dans une saison, il faudra rester calme."

Q: Comment décririez-vous votre jeu?

R: "J'aime l'intensité, l'agressivité, mais sans violence, c'est comme ça que je vis le foot, intensément. Je pense être rapide pour un défenseur central, mobile, je n'ai pas de difficultés particulières contre un attaquant rapide. Et puis avec les années, moi qui étais plutôt limité au départ avec le ballon, avec les années, je porte plus le ballon, j'ai pris confiance. Pour ceux qui ont un don footballistique, c'est plus facile, mais pour les autres, il faut beaucoup de travail et de continuité, et un peu de chance aussi."

Q: Vous êtes forcément doué, pour jouer à ce niveau...

R: "(Rires) Non, moi je n'ai pas de don! Payet, Messi, oui, mais pas moi! Moi j'ai le travail, comme beaucoup de footballeurs. Les élus sont ceux qui ont beaucoup travaillé."

Q: Vous êtes le patron, mais vous n'avez pas rejoué de suite après votre retour de suspension, cela a été difficile?

R: "Non, +pas de problème+ (en français, ndlr), au final, l'objectif qui compte est celui du groupe. Quand je suis absent, l'équipe gagne, quand je reviens, l'équipe gagne... Notre effectif n'est pas très large, nous avons besoin de tous les joueurs, la saison est longue jusqu'à mai pour atteindre notre objectif."

Q: Comment vous sentez-vous après votre blessure qui vous a coûté cinq semaines d'absence?

R: "C'est vraiment arrivé au mauvais moment, j'approchais de mes 100% après mes débuts à Marseille. Ce n'était pas une grosse blessure (fissure du péroné), mais elle me gêne encore un peu. Sur la zone d'impact, le péroné vibre, et je le sens encore. Je devrais être à 100% après Noël. Lille et Lyon (deux victoires 2-1) ont été des matches difficiles pour moi, je revenais de blessure, j'avais très envie de jouer. J'ai joué sous infiltration pour ne pas sentir la douleur."

Q: Comment avez-vous vécu l'ovation du stade Vélodrome lorsque vous êtes sorti pour un carton rouge contre Lyon?

R: "Je me sens très aimé des supporters, c'est très fort. Cette ovation, je ne la méritais pas forcément, après ma prestation, mais ça m'a vraiment réconforté, m'a donné de la force."

Q: Votre responsabilité est aussi engagé sur le but lyonnais, que s'est-il passé?

R: "Quand Steve Mandanda me crie: +Dégage!+, j'entends: +Deja!+ (+Laisse!+, en espagnol)... Je baisse la tête et nous prenons le but... Mais nous avons gagné, c'est le plus important. Et j'ai retenu la leçon: à Angers (victoire 2-0), sur le même genre d'action, il m'a crié +Dégage!+ et cette fois je l'ai dégagée! Nous en avons rigolé, il m'a dit: +Ça y est, cette fois tu as compris!+ (rires)."

Q: Ce rouge vous a coûté deux nouveaux matches de suspension, avez-vous trouvé la sanction dure?

R: "C'est un peu sévère, il n'y a pas du tout d'agressivité sur mon geste. En Espagne j'aurais été sanctionné d'un seul match. Bon, je n'ai rien à objecter, autre championnat, autres moeurs, mais je pense qu'il faudrait réduire un peu les suspensions."

Q: Quelles sont les ambitions de l'OM cette saison?

R: "Quand j'ai dit aussi qu'on visait l'Europe, si possible la Ligue des champions, on m'a traité de fou, mais nous sommes deuxièmes, solides... Je rêve de jouer la Ligue des champions avec ce club où je me sens aimé et dans ce stade si spécial. L'équipe maintenant est bien plus sûre d'elle que celle qui a débuté la saison. Être deuxième te fait te sentir fort. Je pense que nous avons le niveau pour défendre cette place."

Propos recueillis par Emmanuel BARRANGUET

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