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Roman Polanski sort du silence après une nouvelle accusation de viol

Le réalisateur franco-polonais Roman Polanski arrive à l'église de la Madeleine lors de la cérémonie en hommage au chanteur Johnny Hallyday, le 9 décembre 2019, à Paris.
Le réalisateur franco-polonais Roman Polanski arrive à l'église de la Madeleine lors de la cérémonie en hommage au chanteur Johnny Hallyday, le 9 décembre 2019, à Paris. Charles Platiau, Reuters

Pour la première fois depuis l'accusation de viol de la Française Balentine Monnier, Roman Polanski riposte dans un entretien accordé à Paris Match, paru jeudi. Il y dénonce une "histoire aberrante" et, dans une sortie inattendue, l'octogénaire met en cause le producteur Harvey Weinstein.

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"On essaie de faire de moi un monstre." Roman Polanski riposte pour la première fois depuis l'accusation de viol de la Française Valentine Monnier, lors d'un entretien accordé à Paris Match, paru jeudi 12 décembre. Le réalisateur âgé de 86 ans y dénonce une "histoire aberrante" et accuse l'Américain Harvey Weinstein d'avoir relancé les attaques contre lui en 2003. Une réponse qui a hérissé ses détractrices.

Roman Polanski "nie absolument", comme il l'avait déjà fait par l'intermédiaire de son avocat, les accusations de Valentine Monnier. Cette photographe française affirme avoir été frappée et violée en 1975 en Suisse quand elle avait 18 ans.

Affirmant se souvenir "à peine" d'elle, il dit "n'avoir évidemment aucun souvenir de ce qu'elle raconte, puisque c'est faux. [...] Son visage sur les photos publiées me dit quelque chose, pas plus."

"C'est facile d'accuser quand tout est prescrit depuis des dizaines d'années, et lorsqu'on est certain qu'il ne peut y avoir de procédure judiciaire pour me disculper", estime le cinéaste franco-polonais.

"Délirant"

Dans un témoignage publié en novembre par Le Parisien, juste avant la sortie du nouveau film de Roman Polanski "J'accuse", la photographe et ex-mannequin Valentine Monnier affirme qu'elle était allée skier à Gstaad, en Suisse, avec une jeune fille chez Roman Polanski. Celui-ci l'aurait "rouée de coups jusqu'à sa reddition" puis "violée en lui faisant subir toutes les vicissitudes" dans son chalet.

"C'est délirant ! Je ne frappe pas les femmes ! Sans doute les accusations de viol ne font plus assez sensation, il fallait en ajouter une couche", se défend Roman Polanski. "Elle prend à témoin trois de mes amis, présents au chalet : mon assistant Hercules Bellville, Gérard Brach et sa femme, Elizabeth. Les deux premiers sont morts - c'est commode, ils ne peuvent plus confirmer ni réfuter les propos qu'elle leur prête. Quant à Mme Brach, le journal ne l'a pas trouvée", poursuit le cinéaste.

Valentine Monnier avait précisé ne pas avoir déposé plainte pour ces faits, prescrits. Elle avait indiqué avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie du film "J'accuse", qui porte sur une erreur judiciaire, l'affaire Dreyfus.

Cette accusation s'ajoute à celles d'autres femmes ces dernières années contre Roman Polanski, toujours poursuivi par la justice américaine pour relations sexuelles illégales en 1977 avec une mineure, Samantha Geimer.

"Quand un fugitif qui a avoué le viol d'une gamine de 13 ans se victimise à la une, on est au-delà du répugnant et de l'indécent", a réagi la militante féministe Yaël Mellul sur Twitter, où la réponse du réalisateur a suscité de nombreux commentaires. "Les monstres n'existent pas. Les pédocriminels oui", a jugé la militante Caroline de Haas.

Accusations contre Weinstein

Dans une sortie inattendue, Roman Polanski met en cause le producteur Harvey Weinstein, accusé d'abus sexuels par plus de 80 femmes et catalyseur du mouvement #MeToo. Il l'accuse d'avoir "déterré" son affaire avec Samantha Geimer, qui "n'intéressait plus personne" lors de la campagne pour les Oscars de 2003, où "Le Pianiste" faisait partie des favoris, avant de décrocher trois statuettes.

"Son attaché de presse a été le premier à me traiter de 'violeur d'enfants'", ajoute le cinéaste, qui déplore dans Paris Match que "depuis des années, on essaie de faire de (lui) un monstre".

"Je me suis habitué à la calomnie, ma peau s'est épaissie, endurcie comme une carapace. Mais pour mes enfants, pour Emmanuelle (Seigner, sa femme, NDLR), c'est épouvantable. C'est pour eux que je parle ; pour moi, je n'espère même plus changer le cours des choses", affirme le réalisateur, qui regrette que sa famille "paie le prix presque un demi-siècle plus tard" de la "faute" qu'il a commise en 1977 avec Samantha Geimer.

À la suite de cette nouvelle accusation, "J'accuse" a connu une sortie mouvementée en France, des féministes ayant bloqué des séances et appelé à le boycotter. Grand Prix du Jury à Venise, le film a cependant fait recette avec déjà près de 1,3 million de spectateurs.

Avec AFP

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