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Abdelmadjid Tebboune, un apparatchik à la tête de l'État algérien

Abdelmadjid Tebboune, lors de la présidentielle algérienne, le 12 décembre 2019.
Abdelmadjid Tebboune, lors de la présidentielle algérienne, le 12 décembre 2019. Ramzi Boudina, Reuters
5 mn

Abdelmadjid Tebboune, un ancien proche d’Abdelaziz Bouteflika a été élu au premier tour de la présidentielle algérienne avec plus de 58 % des suffrages. Le nouveau chef de l'État devra faire face à la contestation populaire qui réclame la chute de tout "le système". 

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À 74 ans, Abdelmadjid Tebboune, a remporté l'élection présidentielle algérienne, dès le premier tour, avec 58,15 % des suffrages, a annoncé vendredi 13 décembre l’Autorité nationale des élections (Anie). Cinq candidats, tous issus du clan Bouteflika, étaient en lice pour succéder à Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission en avril, après vingt années au pouvoir. 

Pourtant, la campagne électorale du Premier ministre le plus bref de l’histoire de l’Algérie (de mai à août 2017), avait mal débuté. Lâché quelques jours avant le lancement de celle-ci par son directeur de campagne, Abdallah Baali, il s’était vu privé de deux de ses grands soutiens, placés sous mandat de dépôt pour des affaires de corruption.

Bien qu’Abdelmadjid Tebboune, toujours membre du Comité central du Front de libération nationale (FLN), n’ait pas été soutenu par l’ancien parti unique, il ne représente pas pour autant le renouveau politique et générationnel attendu par la jeunesse mobilisée au sein du Hirak, le mouvement de contestation populaire.

Preuve de la défiance toujours forte à l'égard du système : une marée humaine a envahi vendredi le centre d'Alger pour conspuer le nouveau chef de l'État. "Le vote est truqué. Vos élections ne nous concernent pas et votre président ne nous gouvernera pas", scandent les manifestants, qui défilent en masse en ce 43e vendredi de mobilisation depuis le déclenchement du mouvement en février.

Produit du sérail

Pur produit du sérail, Abdelmadjid Tebboune démarre sa carrière politique en 1991 par un poste de ministre délégué aux Collectivités locales sous la présidence (1979-1992) du colonel Chadli Bendjedid, après une grande expérience dans l’administration préfectorale. 

Abdelaziz Bouteflika élu président, en 1999, lui confie plusieurs portefeuilles, dont celui de la Communication et celui du Commerce, avant de le consacrer Premier ministre en mai 2017. Mais il sera limogé au bout de trois mois, après s'être attaqué, à travers un programme de lutte contre la corruption, aux oligarques gravitant dans l'entourage du chef de l'État. 

Un fait d'armes qu'Abdelmadjid Tebboune a mis en avant pendant sa campagne éléctorale, pour faire oublier son passé au service d'Adelaziz Bouteflika. Mais sa proximité avec le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et actuel homme fort du pays, ne rassure pas l’opinion. 

"C’est l’homme de l’actuel chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah", soulignait en novembre, dans un entretien à France 24, Pierre Vermeren, historien spécialiste de l’Algérie, auteur du "Déni français, notre histoire secrète des liaisons franco-arabes" (Albin Michel, 2019). "Et par son âge, sa carrière, ses fréquentations, il représente la continuité avec les générations qui ont gouverné l’Algérie jusqu’à maintenant. C’est l’homme du système, un apparatchik de la bureaucratie d’État."

>> À lire aussi : Le candidat à la présidentielle algérienne Abdelmadjid Tebboune accuse la France d'ingérence

À l’issue du Conseil européen à Bruxelles, le vendredi 13 décembre, Emmanuel Macron réagissait et disait avoir "pris note" de l’élection d’Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’Algérie. "Je souhaite simplement que ces aspirations exprimées par le peuple algérien trouvent une réponse dans le dialogue qui doit s'ouvrir entre les autorités et la population", a souligné le président français.

Par ailleurs, lors de la campagne électorale, Abdelmadjid Tebboune avait critiqué la France en accusant Jean-Yves le Drian, le ministre français des Affaires étrangères et la chaîne internationale France 24 d’ingérence dans la vie politique algérienne.

"Tebboune, c'est pire que Bouteflika"

Enfin, un des fils de Tebboune est en détention préventive dans une affaire de trafic d'influence impliquant plusieurs hauts responsables, après la saisie de 700 kg de cocaïne dans un port algérien en mai 2018. 

"Tebboune, c'est pire que Bouteflika. Il est connu pour avoir fait partie des voleurs. On n'a pas voté et on ne fera pas marche arrière", affirme Meriem, fonctionnaire de 31 ans, à l’AFP. 

Avec AFP

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