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Grève du 17 décembre : "Il y a eu une cassure du système de santé"

Des services d'urgences en grève à Marseille, le 11 décembre 2019.
Des services d'urgences en grève à Marseille, le 11 décembre 2019. Jean-Paul Pélissier, Reuters

Une nouvelle manifestation interprofessionnelle contre la réforme des retraites est prévue mardi 17 décembre dans plusieurs villes de France. Outre la lutte contre le projet de l’exécutif, ces professionnels dénoncent aussi la dégradation de leurs conditions de travail.

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Plus d’une semaine après le début du conflit sur la réforme des retraites, la mobilisation contre le projet de l’exécutif perdure. Les annonces d’Édouard Philippe, mercredi 11 décembre, ont mécontenté quasiment tous les syndicats. La grogne pourrait donc s’intensifier lors de la manifestation interprofessionnelle du 17 décembre. D'autant que les personnels hospitaliers – en grève depuis plusieurs mois – appellent aussi depuis plusieurs semaines à une “grande journée d’action” nationale cette même journée, notamment “pour crier haut et fort le manque d’effectifs et de matériel”.

Romain, 29 ans, infirmier aux urgences du CHU de Saint-Étienne (Loire), sera dans la rue mardi prochain. “Je n’étais pas familier de la mobilisation avant ces derniers mois, mais il y a eu une cassure avec le système de santé cette année”, explique-t-il à France 24. “On a ressenti une dégradation brutale de nos conditions de travail, d’une part, et de la prise en charge des patients, d’autre part. Là, on a atteint un niveau encore jamais égalé avec des patients qui restent des heures, voire des jours sur des brancards. Certains sont décédés pour ces raisons, c’est intolérable.”

Cet été, un patient de son hôpital a notamment passé 5 jours sur un brancard, sans avoir de chambre avant de quitter les lieux. “On ne fait plus les soins comme on devrait les faire, on est sur un schéma de travail à l’usine”, affirme Romain. “Les moyens techniques et humains sont insuffisants pour accueillir ces gens dans la dignité.”

Le 17 décembre, sa mobilisation sera “bipartite”. “On va tout faire pour défendre l’hôpital public et ses valeurs, et on va aussi converger vers les demandes de nos camarades qui sont dans les autres corporations de métiers. On estime que leurs revendications, leur travail, tout cela va dans le sens de ce qu’on demande aussi. C’est pour l’intérêt de tous.”

“Pompiers, cheminots, enseignants... on se rejoint tous sur la destruction du système social français”

Jérémy, 34 ans, enseignant dans un collège à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), travaille depuis onze ans.  En grève reconductible depuis le 5 décembre contre la réforme des retraites, un projet “complètement injuste” selon lui, il sera dans la rue le 17 décembre. “Cela touche tout le monde, et c’est une vraie attaque contre la sécurité sociale”, explique celui qui est aussi syndiqué à Sud Éducation 93.

“Ils s’attaquent d’abord aux retraites car cela représente une manne financière tellement importante qu’ils vont vouloir stabiliser les comptes de la France sur cela”, affirme Jérémy. “Mais ce n’est pas l’argent de l’État, c’est l’argent de ceux qui travaillent et même de ceux qui sont au chômage. Les gens ont donné du pognon dans leur vie à un moment donné pour avoir des droits sociaux.”

Dans son établissement, 75 % des personnels étaient en grève le 5 décembre, entre 65 et 70 % le 9 décembre pour la deuxième manifestation interprofessionnelle, selon une source syndicale. “Ce n’est pas seulement sur les retraites, il y a aussi une vraie grogne dans l’Éducation nationale, que ce soit les professeurs, les agents d’entretien, les personnels administratifs ou les infirmiers scolaires”, précise Jérémy.

Cet enseignant affirme que les conditions d’exercice du métier se sont dégradées depuis son arrivée dans la profession. “Mon collège a quasiment perdu 100  000 € de budget en 11 ans, ce qui veut dire moins de sorties ou de voyages scolaires, et dans le même temps le nombre d’élèves par classe a augmenté”, explique-t-il. Par ailleurs, “des collègues qui préviennent le rectorat de leur absence – comme lors d’un congé maternité – ne sont fréquemment pas remplacés.”

Que ce soit dans l’enseignement ou dans le milieu hospitalier, les griefs des professionnels du secteur semblent nombreux. Au point de s’agglomérer le 17 décembre ? “En discutant avec nos collègues pompiers, cheminots, enseignants… on se rejoint tous sur un point central, c’est la destruction du système social français”, explique Romain. “Le 17, la manifestation va être vraiment là pour marquer la solidarité entre les différentes professions et la défense de revendications générales.”

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