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Retraites : 9e jour de grève, Édouard Philippe tend la main aux syndicats

Cohue à la gare de Lyon, à Paris, le 12 décembre 2019.
Cohue à la gare de Lyon, à Paris, le 12 décembre 2019. Charles Platiau, Reuters
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Pour son neuvième jour, la grève dans les transports ne présente pas de signes d'essoufflement mais le Premier ministre tente de désamorcer son élargissement en invitant les partenaires sociaux à discuter de sa réforme des retraites.

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Comment sortir de l'impasse ? Le Premier ministre français a lancé, jeudi 12 décembre, une invitation aux partenaires sociaux pour discuter de sa réforme des retraites, alors que les protestataires entament leur neuvième journée de grève, vendredi 13 décembre.

Au lendemain de la présentation en détails de sa réforme pour créer un système de retraite universelle par points et alors que plane la menace d'un blocage des trains à Noël, Édouard Philippe a convié les organisations syndicales et patronales pour un "cycle de réunions". Il a souhaité que cette concertation démarre "le plus tôt possible la semaine prochaine".

"Ma porte est ouverte et ma main est tendue", avait insisté le Premier ministre plus tôt dans la journée, à l'adresse notamment de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, furieux de sa décision d'imposer une mesure d'âge dans la réforme.

"Ne pas se laisser marcher dessus"

"Je suis prêt à discuter, évidemment qu'on va discuter", avait déclaré le leader du premier syndicat français, jeudi matin, après avoir réagi très vivement à la mise en place d'un "âge d'équilibre" à 64 ans. Celui-ci revient à allonger la durée de cotisation puisque en dessous de ce seuil, les retraités ne toucheront pas leur pension à taux plein. Mais, a relevé celui qui avait prévenu qu'une mesure d'âge représenterait "une ligne rouge" : "vouloir être constructif, ça ne veut pas dire se laisser marcher dessus".

Matignon a évoqué "une série de thèmes" de discussion : "la mise en place du minimum de pension, la pénibilité, la retraite progressive et l'accompagnement des transitions vers le système universel". Il s'agit très exactement des revendications de la CFDT, la CFTC, l'Unsa et des étudiants de la Fage qui avaient, juste après les annonces du Premier ministre, appelé à rejoindre la manifestation de mardi 17 décembre, alors même que ces organisations étaient favorables à la création d'un système de retraites universel par points.

Débat avec les profs

L'initiative de cette journée de manifestations revient à l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU et des organisations de jeunesse à l'origine de la mobilisation depuis le 5 décembre. Sauf qu'eux ont appelé à la grève illimitée et demandent le retrait pur et simple de la réforme.

Vendredi, les syndicats enseignants seront reçus par le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer qui doit également participer dans la soirée à Nancy avec Édouard Philippe à un débat sur les retraites avec des profs. Très présents dans les cortèges, ces derniers craignent de perdre une grosse partie de leur pension de retraite avec la réforme.

Dans le même temps, la grève dans les transports ne connaît aucune trêve. La CGT-Cheminots a annoncé que le blocage continuera "sauf si le gouvernement revient à la raison" en retirant son projet. 

Un TGV sur quatre

Vendredi ne verra circuler d'après la SNCF qu'un quart des TGV et la même proportion en moyenne de Transilien (RER SNCF et trains de banlieue) et d'Intercités. Quatre circulations TER sur 10 seront assurées, essentiellement grâce à des bus. Le trafic international restera perturbé.

À Paris, huit lignes de métro seront intégralement fermées, d'autres fonctionnant seulement aux heures de pointe. Seules les lignes automatiques (1, 14 et Orlyval) continueront à rouler normalement. Un RER A sur 2 et un RER B sur 3 sont prévus aux heures de pointe. La RATP s'est montrée assez pessimiste pour le weekend, avec notamment "un trafic extrêmement réduit" dimanche, a-t-elle précisé.

Avec AFP

 

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