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Confisqués à la frontière américaine, les objets de migrants deviennent de l'art

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Los Angeles (AFP)

Brosses à dents, jouets, médicaments, vêtements et lettres manuscrites. De 2003 à 2014, Tom Kiefer, en faisant le ménage dans un poste-frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, a ramassé et photographié les objets confisqués aux migrants en quête d'une vie meilleure.

Le résultat est condensé dans "The American Dream" ("Le rêve américain"), une série de photographies exposées au Los Angeles Skirball Cultural Center jusqu'en mars.

D'une certaine distance, nombre de ses oeuvres ressemblent à de l'art abstrait: moderne, vif, coloré. Mais penchez-vous un peu plus et vous distinguerez les douzaines de seringues, pilules, téléphones portables multicolores et multiformes soigneusement disposés sur des toiles.

"Nous avons laissé nos vêtements, peignes, portefeuilles, numéros de téléphone, sans savoir si nous allions ou non revenir", se remémore Dominga Rodriguez, Mexicaine de 48 ans, venue voir l'exposition.

Il y a près de 30 ans, elle traversait le désert de l'Etat d'Oaxaca, en chemin vers les Etats-Unis.

"C'est émouvant, parce que je suis venue de la même façon", confie-t-elle, la gorge nouée.

Chaque année, des centaines de milliers de migrants clandestins sont appréhendés, détenus et séparés de leurs effets personnels lors de leur traversée du Mexique vers les Etats-Unis.

"Une des choses que ces photographies nous rappellent, c'est que même les plus petites injustices peuvent être le point de départ de quelque chose de complètement inhumain", analyse Laura Mart, conservatrice du musée.

"Cela peut sembler anodin de confisquer les lacets de quelqu'un, ou sa brosse à dents", dit-elle. "Mais quand vous commencez à faire cela, vous acceptez le fait de traiter les gens de cette manière et avant même que vous ne vous en rendiez compte, on arrive à des choses comme la séparation d'enfants de leurs parents."

Des familles ont été séparées à la frontière en raison d'une politique de "tolérance zéro" prônée par le gouvernement de Donald Trump, afin de décourager les migrants affluant depuis le Mexique. Et la lutte contre l'immigration est un sujet phare de la campagne du président américain pour sa réélection.

Laura Mart pointe une photographie de canards en plastique, certains tachés de boue, une oeuvre sentimentale mais avec un rôle pragmatique.

"Les canards en plastique étaient utilisés pour baliser le chemin", explique-t-elle. "Comme ça les groupes de migrants pouvaient réussir à naviguer au milieu des cactus et de la broussaille."

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