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Grenoble: retour remarqué de Carignon dans une maison Piolle en proie aux critiques

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Grenoble (AFP)

Alain Carignon a effectué un retour remarqué lundi au conseil municipal de Grenoble, où le maire écologiste sortant Eric Piolle a essuyé les critiques lors d'un débat budgétaire aux airs de joute entre concurrents pour les municipales.

"C'est une séance singulière", a résumé Mathieu Chamussy (DVD, ex-LR), chef de l'opposition de droite. Et "lorsque le loup rôde autour de la bergerie, seuls les agneaux ont peur", a-t-il lâché, laissant à chacun le soin de se reconnaître.

Dans son dos, entouré de chaises vides, un revenant peu fréquenté par ses pairs: Alain Carignon, l'ex-maire RPR condamné à de la prison ferme pour corruption en 1996.

Les démissions successives de deux co-listières -- dont une responsable locale LR -- ont volontairement permis son retour au conseeil, lui offrant cette tribune à trois mois des élections municipales. Et dans la seule ville de plus de 100.000 habitants gérée par une alliance écologiste-extrême gauche-citoyens, l'échéance est scrutée.

Quelques dizaines de manifestants hostiles l'ont accueilli à l'entrée du siège de la métropole de Grenoble, où se tient l'assemblée de la ville après l'incendie criminel de ses locaux en septembre.

La chanson "résiste" de France Gall résonne, des citoyens brandissent des pancartes parodiques: "des prisons plus propres pour Alain Carignon", "les hommes devant, les femmes derrière", "le comité de jumelage Grenoble-Levallois" est présent, en référence aux déboires judiciaires des Balkany qui veulent aussi se représenter.

"Carignon qui siège à Grenoble, c'est une grande farce", a expliqué à l'AFP David Bodinier, de l'Assemblée des communs, une association citoyenne. "Nos communs, ce sont l'eau et l'énergie qu'Alain Carignon a privatisées" quand il était maire par des délégations de gestion, affirme-t-il.

- Le "boulet" du bilan de Piolle -

A l'intérieur du bâtiment aux entrées filtrées, les débats sont acérés mais sans éclats de voix. Alain Carignon ouvre les échanges avec une question orale sur le centre-ville, les aménagements pour les "autoroutes à vélo", regrettant "l'absence de concertation" avec les commerçants.

Eric Piolle renvoie "monsieur le conseiller municipal" à ses "propositions d'un autre âge" sur la circulation automobile.

Mais les accusations de fausseté ou d'insincérité vont aller bon train sur la présentation du budget primitif pour 2020. Celui que la prochaine majorité aura en main pour démarrer son mandat.

Grenoble ploie sous le poids de la dette, c'est un fait acquis. Mais pour Hakim Sabri, adjoint aux finances, "les Grenoblois n'ont pas fini de payer la furie financière" de l'époque Carignon.

Cette dette "n'est tellement pas la mienne", a rétorqué M. Carignon évoquant un budget "en partie faux par omission" car "Grenoble est au bord de la banqueroute". "On peut reconnaître l'expertise en matière de faux!", lui a répondu Patrice Voir (PCF).

Mais les interventions, nombreuses, de M. Carignon n'ont pas découragé les autres élus de recentrer les débats sur le bilan de l'équipe sortante. "Le boulet du bilan, c'est le vôtre!", a estimé M. Chamussy, attaquant les deux jambes de "l'identité" de Piolle et son équipe "la gauche et l'écologie".

Qualité de l'air médiocre, baisse des subventions au centre communal d'action sociale... et surtout fermeture de bibliothèques.

"C'est un comble pour un homme de gauche", a souligné Mireille d'Ornano, conseillère et aussi candidate les Patriotes (extrême droite).

Cet épisode symbolique, maillon d'un plan d'austérité des services publics, avait marqué au fer rouge le mandat d'Eric Piolle.

"Vous annoncez maintenant la gratuité des bibliothèques!", a souligné Sarah Boukaala (PRG). "Vous vouliez faire de la politique autrement et vous avez fait tristement classique: serrer les vis en début de mandat, ouverture des vannes en fin".

A l'extérieur du bâtiment, un autre protagoniste des municipales espérait faire entendre sa voix: Olivier Noblecourt, ancien adjoint de Michel Destot (PS) en passe de quitter son poste de délégué interministériel à la lutte contre le pauvreté du gouvernement d'Edouard Philippe, est officiellement entré en campagne à la tête d'une coalition de gauche.

Avec deux objectifs: doubler la candidate LREM Emilie Chalas et incarner une "alternative" au duel Piolle-Carignon.

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