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Réforme des retraites : la difficile succession de Jean-Paul Delevoye

Jean-Paul Delevoye, le 18 juillet 2019, à Paris.
Jean-Paul Delevoye, le 18 juillet 2019, à Paris. AFP/Archives

Emmanuel Macron et Édouard Philippe doivent désormais trouver un successeur à Jean-Paul Delevoye après la démission, lundi, du haut-commissaire aux Retraites. La tâche s’annonce délicate alors que le mouvement contre la réforme des retraites se poursuit dans la rue.

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Son départ tombe au pire moment pour l’exécutif. La démission de Jean-Paul Delevoye, lundi 16 décembre, met dans l’embarras Emmanuel Macron et Édouard Philippe à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites – mobilisation qui s’annonce massive.

Après l’annonce des détails du projet de réforme par le Premier ministre, le 11 décembre, la CFDT et l’Unsa ont annoncé qu’elles rejoignaient la contestation. Pour la première fois depuis le début du conflit qui dure depuis douze jours, la CFDT sera ainsi présente dans les manifestations prévues mardi, affichant ainsi dans la rue un front syndical uni qui ne s'était plus vu depuis 2010.

>> À lire : Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, démissionne

Dans ce contexte, le départ du "Monsieur Retraites" du gouvernement est "un gâchis", déplore un parlementaire de la majorité, qui estime que ce genre de revers "tombe toujours mal, mais encore plus cette semaine qui peut être décisive dans le bras de fer entre le gouvernement et les syndicats".

L’Élysée a annoncé que Jean-Paul Delevoye serait remplacé "dans les plus brefs délais". Mais chacun sait, au sein du gouvernement, qu’il sera très difficile de lui trouver un successeur. Entouré d'une "dream team", comme il appelait son équipe, l'affable ancien Médiateur de la République était apprécié des syndicalistes, séduits, à l'image de Dominique Corona (Unsa), par "un personnage tout en rondeur, très abordable, qui respecte les gens en face de lui".

Un successeur avec "la même connaissance technique" du dossier des retraites

"C'est un homme de dialogue. Il portait avec une conviction qu'on ne peut pas lui reprocher le projet du gouvernement", a réagi le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Yves Veyrier, sur LCI.

Le patron de la CFDT, Laurent Berger, a quant à lui souligné que "la concertation avec lui a été loyale, il y a eu une confrontation d'idées intelligentes, pour essayer de faire avancer les choses". "Il ne nous a jamais pris en traîtres", a-t-il dit sur France Info. "Sur le fond, (...) il connaît très bien le sujet, il est celui qui connaît le mieux les positions des différents interlocuteurs", a ajouté Laurent Berger.

>> À lire : Les raisons de la mobilisation contre la réforme des retraites

De son côté, Laurent Escure (Unsa), également sur LCI, a dit "espérer" que le successeur de Jean-Paul Delevoye "ait la même connaissance technique et le même respect pour les partenaires sociaux".

C’est bien là que réside le principal problème du président de la République et de son Premier ministre : la réforme des retraites est un dossier éminemment technique qui nécessite de connaître sur le bout des doigts ses différents paramètres. Certains ministres ou parlementaires se sont ainsi pris les pieds dans le tapis en tentant de faire de la pédagogie, à l’image de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le 14 décembre sur BFM TV, dont la défense du système de retraites à points a été plus que laborieuse.
 


Jean-Paul Delevoye avait été nommé en septembre 2017 haut-commissaire à la réforme des retraites et était entré au gouvernement deux ans plus tard, après dix-huit mois de concertations avec les partenaires sociaux. Une succession de révélations concernant des omissions dans sa déclaration d’intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) ont fini par le pousser à démissionner. Cela fait de lui le 7e ministre démissionnaire pour des raisons éthiques depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée au printemps 2017.

Avec AFP

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