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Liban : de nouveaux affrontements après le report des consultations parlementaires

Des gaz lacrymogènes s'échappent lors des manifestations anti-gouvernementales à Beyrouth au Liban, le 15 décembre 2019.
Des gaz lacrymogènes s'échappent lors des manifestations anti-gouvernementales à Beyrouth au Liban, le 15 décembre 2019. REUTERS/Mohamed Azakir

Beyrouth a été le théâtre d'une nouvelle soirée d'affrontements, lundi, en réponse au deuxième report des consultations parlementaires en vue de désigner un nouveau Premier ministre après la démission de Saad Hariri.

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Un nouveau report des consultations parlementaires, lundi 16 décembre, permettant d'avancer vers la formation d'un gouvernement au Liban ont provoqué une nouvelle soirée d'affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants, après les dizaines de blessés ce week-end.

Le Liban vit depuis deux mois au rythme d'un mouvement de contestation inédit contre l'ensemble de la classe dirigeante, accusée de corruption et d'incompétence, ayant entraîné la démission dès le 29 octobre du Premier ministre Saad Hariri.  

Mais les tractations entre les partis au pouvoir traînent depuis, au grand dam des protestataires et alors que la situation socio-économique se dégrade dans ce pays déjà lourdement endetté et dont environ le tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Deux reports

Le président Michel "Aoun a répondu au souhait du Premier ministre Hariri de reporter les consultations parlementaires" à jeudi, a écrit la présidence dans un tweet lundi matin. Ces consultations, prévues par la Constitution, avaient été fixées dans un premier temps au 9 décembre, après plusieurs semaines de tergiversations ayant attisé la colère des manifestants. Puis elles avaient été reportées d'une semaine.

L'une des raisons du report est la réticence de certains blocs politiques, notamment les deux principales formations chrétiennes au pouvoir, à reconduire Saad Hariri. Dans un communiqué publié par son bureau de presse, l'ex-Premier ministre a imputé le nouveau report à une volonté d'éviter le scénario de sa "désignation sans la participation d'un bloc chrétien de poids" au gouvernement.

Nouvelle soirée d'affrontements                  

Dans la soirée, des dizaines de jeunes partisans des deux principaux partis chiites ont tenté d'attaquer le camp des manifestants antigouvernementaux dans le centre de Beyrouth, ont rapporté les télévisions. Sur les images, on les voyait jeter des pierres sur la police, laquelle a répliqué par des gaz lacrymogènes.

>> À lire aussi : Au Liban, nouveaux affrontements entre manifestants et policiers

Les contestataires réclament inlassablement un cabinet composé exclusivement de technocrates et de personnalités indépendantes des partis traditionnels chapeautés par des chefs communautaires. Ils refusent aussi la reconduction de Saad Hariri à son poste et quelques dizaines d'entre eux s'étaient rassemblés lundi en début de soirée près de son domicile. 

Dimanche déjà, une soirée de violences près du Parlement avait obligé la Croix-Rouge libanaise à soigner 45 personnes sur place et hospitaliser "28 personnes", selon son directeur Georges Kettané, interrogé par l'AFP. 

Le coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, Jan Kubis, a plaidé en faveur d'une enquête sur l'"usage excessif de la force", soulignant la nécessité d'une "identification des instigateurs de la violence".

Des "actes de vandalisme"

Les forces de sécurité intérieure (FSI) ont indiqué dans un communiqué que 29 policiers avaient été blessés durant les affrontements et l'armée a déploré des "actes de vandalisme et d'atteintes aux propriétés privées et publiques".

Samedi soir également, des dizaines de personnes avaient été blessées à Beyrouth, les forces de sécurité ayant fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Ces violences sont parmi les plus significatives depuis le début du mouvement de contestation. La ministre de l'Intérieur, Raya al-Hassan, a reconnu lundi des "erreurs" et appelé à une "enquête".

Avec AFP

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