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Trump réforme le système de greffes pour retenir plus d'organes "imparfaits"

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Washington (AFP)

L'administration du président américain Donald Trump a présenté mardi une réforme pour augmenter les greffes d'organes de donneurs plus âgés et plus risqués qu'aujourd'hui, le taux de refus par les médecins aux Etats-Unis étant très élevé par rapport à d'autres pays comme la France.

Une autre règle proposée mardi vise séparément à inciter plus de donneurs vivants à donner un rein, en permettant la prise en charge de leurs salaires perdus et des frais de garde d'enfants pendant qu'ils subissent les procédures, ce qui constituait jusqu'à présent un frein important, argue le gouvernement Trump.

"Un organe imparfait vaut mieux que pas d'organe du tout", a déclaré Seema Verma, administratrice des Centers for Medicare and Medicaid Services, agence fédérale qui supervise tout un pan du secteur de la santé aux Etats-Unis. "Pour une personne sur liste d'attente, cela fait la différence entre la vie ou la mort".

Elle a souligné que 20 personnes mouraient chaque jour aux Etats-Unis en attente d'un organe.

La réforme, qui concrétise un décret présidentiel signé le 10 juillet, vise en priorité les reins. Ces derniers représentent le plus grand nombre de transplantations aux Etats-Unis (21.000 en 2018), loin devant le foie (8.000), le coeur puis les poumons.

De nouveaux critères d'accréditation s'appliqueront aux 58 organisations régionales de coordination des transplantations, afin de les inciter à accepter et offrir plus d'organes pour des greffes.

Actuellement, les organisations ne sont pas pénalisées si elles refusent beaucoup de donneurs. Elles privilégient les donneurs de haute qualité, capables de donner plusieurs organes, car les critères actuels les y incitent.

- Plus de refus qu'en France -

Désormais, les organisations seront évaluées en fonction du nombre de dons et de greffes par rapport à l'ensemble des personnes décédées jusqu'à 75 ans et n'ayant pas de maladie les empêchant de donner leurs organes (comme un cancer ou une maladie infectieuse), dans leur région de compétence.

Les reins de donneurs âgés devront être davantage acceptés, dit Mme Verma. Les coeurs de personnes ayant souffert d'hypertension artérielle ne seront plus systématiquement exclus. "Ce coeur n'est peut-être pas parfait, mais il peut sauver une vie", avance-t-elle.

La réforme va donc a priori augmenter le nombre d'organes disponibles. Mais elle ne touche pas aux incitations pour les hôpitaux qui greffent les organes aux patients.

Concrètement, quand une personne meurt aux Etats-Unis et que ses organes sont prélevés, l'organisation régionale des transplantations propose ces organes à l'hôpital et au médecin du premier patient sur la liste d'attente de cette région.

Ce médecin doit alors accepter ou refuser. Très souvent, il refuse dans l'espoir d'obtenir un organe de meilleure qualité plus tard, car l'hôpital est évalué en fonction du taux de survie à un an. Mais nombre de patients meurent dans l'intervalle.

"Le problème des refus est un problème au niveau des centres de transplantation", dit à l'AFP Sumit Mohan, médecin et chercheur à l'université Columbia, qui a publié en août une étude révélant que 84% des reins aux Etats-Unis étaient refusés au moins une fois.

Son analyse avait montré que les patients qui meurent en attendant un rein ont reçu 16 offres auparavant (médiane), généralement sans avoir été informés par leur médecin.

"Ce sont les centres de transplantations qui déterminent si un rein est accepté ou non", insiste le professeur Mohan.

Une autre étude avait montré que l'âge moyen d'un donneur de reins décédé était de 39 ans aux Etats-Unis en 2014, contre 56 ans en France, et que les médecins américains refusaient deux fois plus souvent des reins que les Français.

En tant que première étape, Sumit Mohan juge toutefois favorablement la réforme qui, après une période de consultation publique, s'appliquera en 2022 au plus tard.

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