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Retraites : les syndicats reçus à Matignon, la CFDT se dit "très loin d'un accord"

Le Premier ministre Edouard Philippe, le 18 juillet 2019 à l'Hôtel Matignon, à Paris.
Le Premier ministre Edouard Philippe, le 18 juillet 2019 à l'Hôtel Matignon, à Paris. AFP

Au lendemain d'une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, Édouard Philippe reçoit les leaders syndicaux et patronaux à Matignon, mercredi dans la soirée. Une prise de parole publique du Premier ministre est "espérée" après une nouvelle réunion, jeudi.

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Après avoir manifesté, mardi, contre le projet de réforme des retraites – ou contre l'âge pivot de 64 ans pour la CFDT –, les leaders syndicaux et patronaux sont reçus à tour de rôle, mercredi 18 décembre, par le Premier ministre Édouard Philippe.

Plus tôt dans la journée, l'Élysée a annoncé qu'Emmanuel Macron "n'abandonnera ni ne dénaturera" le projet de réforme des retraites défendu par le gouvernement, tout en restant "disposé à l'améliorer", notamment sur la question de l'âge pivot.

"On est très, très loin d'un accord", a affirmé Laurent Berger (CFDT) à sa sortie de Matignon. "Le moment pour parler d'un compromis aujourd'hui serait très prématuré", a aussi ajouté le secrétaire général de la CFDT. Il a par ailleurs fait part de "la détermination intacte" de son syndicat à "avoir un régime universel des retraites beaucoup plus juste et beaucoup plus solidaire", tout en réaffirmant son opposition à l'âge d'équilibre voulu par le gouvernement.

"[Édouard Philippe] a redit qu'il tenait à cet âge d'équilibre. On lui a redit que ce n'était pas une option pour nous", a déclaré Laurent Berger, tout en "sentant une volonté de discussion" sur d'autres thèmes, comme la pénibilité.

Philippe Martinez (CGT), à sa sortie de Matignon, a rappelé, quant à lui, que son organisation demandait toujours "le retrait du projet de loi" et regretté la "position idéologique" du gouvernement, qui ne fait "rien pour apaiser (l)e mécontentement". "Nous on n'a pas changé : on demande le retrait et de renégocier l'amélioration du système actuel, mais c'est deux conceptions de la protection sociale qui s'affrontent", a-t-il ajouté.

De l'"optimisme" et de l'"ouverture" à la CFTC, à l'Unsa et au Medef

D'autres syndicats, comme l'Unsa ou la CFTC, ont respectivement parlé d'"ouvertures" et d'"optimisme" après leur rencontre avec Édouard Philippe. "Il faut reprendre les négociations (...) parce qu'on reste persuadés que le régime universel est plus juste et plus équitable", a déclaré Cyril Chabanier (CFTC). Il a aussi relevé que le gouvernement était prêt à "faire des propositions pour voir comment on pourrait peut-être amender" les dispositions sur l'âge d'équilibre de départ à la retraite.

Laurent Escure, secrétaire général de l'Unsa, estime quant à lui qu'"il y aura sur la pénibilité et les fins de carrière de nouvelles discussions qui seront très importantes". Avec des propositions lors de la réunion multilatérale prévue jeudi à Matignon ? "(Cette dernière), je l'espère, amènera quelques précisions et une expression du Premier ministre" a-t-il aussi déclaré.

Le Medef, reçu lui aussi à Matignon, s'est dit "ouvert" aux discussions avec le Premier ministre sur l'âge d'équilibre ou la pénibilité. Il a en revanche "opposé une fin de non-recevoir" à une augmentation des cotisations.

"On ne peut pas continuer à augmenter les cotisations. On a en France, depuis quatre ou cinq ans, fait une politique inverse avec le CICE. Ça a créé probablement un million d'emplois. Côté coût du travail, on risque de remettre le pays dans une trajectoire inverse pour le chômage, et côté salarié, amputer la feuille de paie des salariés. Je ne crois pas que ce soit ce que demandent ceux qui manifestent et ceux qui ne manifestent pas", a expliqué le président du syndicat patronal, Geoffroy Roux de Bézieux.

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