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Samsung Electronics s'excuse après l'incarcération de son président pour manoeuvres antisyndicales

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Séoul (AFP)

Le géant sud-coréen Samsung Electronics a présenté mercredi ses excuses pour avoir tenté d'étouffer dans l'oeuf la création de sections syndicales en son sein, au lendemain de l'incarcération de son président, reconnu coupable d'avoir piétiné le droit du travail.

Lee Sang-hoon et le vice-président exécutif Kang Kyung-hoon ont écopé de 18 mois de prison mardi soir pour avoir violé plusieurs lois et dispositions du droit du travail dans le but d'étouffer toute vélléité syndicale, notamment au sein de la division chargée des relations avec la clientèle.

Premier fabricant mondial de smartphones et de puces-mémoire, Samsung Electronics est le navire amiral du groupe Samsung, qui est de loin le plus grand des "chaebols", ces conglomérats familiaux qui dominent la 11ème économie mondiale. Le chiffre d'affaires du groupe pèse 20% du PIB sud-coréen.

Pendant des décennies, le groupe a résisté de toutes ses forces à la création de syndicats. "Moi vivant, jamais ils ne seront autorisés", tonnait Lee Byung-chul, fondateur de Samsung décédé en 1987.

Mais, le mois dernier, au terme d'une très longue bataille des employés, les autorités locales de Suwon, la ville où Samsung est basé, ont acté la création de la première organisation syndicale viable de l'histoire du groupe, car affiliée à la puissante Fédération des syndicats de Corée (FKTU).

Mardi soir, MM. Lee et Kang ont été reconnus coupables par le tribunal du district central de Séoul de multiples violations du droit du travail, comme le fait d'avoir ordonné à des subordonnés de baisser la rémunération des personnes voulant se syndiquer, ou d'enquêter sur leur vie privée afin d'en utiliser contre elles certains aspects, comme les grossesses ou le niveau d'endettement.

- Attitude "archaïque" -

A l'époque des faits, M. Lee était le directeur financier de Samsung Electronics. Comme M. Kang, il fut membre du Bureau des stratégies futures, organe décisionnaire de Samsung aujourd'hui dissous.

Les deux hommes comparaissaient libres mais ont été incarcérés à l'issue du procès.

Mercredi, Samsung Electronics a diffusé un communiqué avec Samsung C&T, filiale du Groupe Samsung spécialisée dans la construction et le BTP, dont certains dirigeants ont également été condamnés.

"Nous reconnaissons avec humilité que les opinions des entreprises au sujet des syndicats par le passé n'étaient pas conformes aux attentes de la société", indiquent les deux groupes, qui promettent de ne pas répéter cette erreur.

"Nous allons nous efforcer de promouvoir une relation entre la direction et les employés proactive et productive se fondant sur le respect de nos employés."

Des documents internes datant de 2012 et obtenus par un parlementaire révèlent que les responsables étaient chargés par la direction de surveiller les "employés à problèmes", à savoir ceux tentant de créer des syndicats.

"Pour éviter d'être accusé de conditions de travail abusives, licenciez les principaux leaders avant le lancement d'un syndicat", conseillait le texte.

M. Lee avait plaidé non coupable. Samsung Electronics a refusé de dire s'il ferait appel.

Longtemps pieds et poings liés, les aspirants syndicalistes ont profité ces dernières années d'une série d'événements favorables, et notamment de l'élection à la présidence de Moon Jae-in, un ex-avocat de centre-gauche ayant notamment défendu des syndicats.

Ils ont été confortés dans leurs démarches judiciaires par les poursuites pour corruption lancées contre le vice-président de Samsung, Lee Jae-yong, le petit-fils du fondateur, dans un volet du retentissant scandale qui avait entraîné la destitution de la président Park Geun-hye.

Cette décision de justice montre que le refus de Samsung de reconnaître les syndicats est "archaïque", même en Corée du Sud, a réagi Vladimir Tikhonov, professeur d'études coréennes à l'Université d'Oslo. Le tribunal a ainsi demandé à Samsung d'être "plus malin", a-t-il ajouté.

L'action Samsung Electronics a clôturé mercredi sur un recul de 0,71% à Séoul.

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