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"Super-Terre" et exoplanètes dans le viseur du télescope Cheops

La fusée Soyouz qui a mis le télescope européen Cheops en orbite a décollé de Kourou, en Guyane française, mercredi 18 décembre dans la matinée.
La fusée Soyouz qui a mis le télescope européen Cheops en orbite a décollé de Kourou, en Guyane française, mercredi 18 décembre dans la matinée. ESA - S. Corvaja

Le télescope européen Cheops a été mis en orbite, mercredi, avec pour tâche d’observer les exoplanètes. Sa spécificité : mesurer la taille de ces astres situés en dehors de notre système solaire.

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La taille compte... pour les exoplanètes. Le télescope spatial européen Cheops a été lancé, mercredi 18 décembre, pour observer depuis l’espace des centaines d’exoplanètes et se faire une meilleure idée de la grandeur de ces astres qui ne gravitent pas autour du Soleil.

Embarqué à bord d’une fusée Soyouz, Cheops s’est positionné en orbite à quelque 700 km de la Terre aux alentours de 13 h (heure française) pour scruter “des centaines de systèmes stellaires dotés d’exoplanètes”, explique à France 24 Anthony Boccaletti, directeur adjoint du Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique (Lesia) de l’Observatoire de Paris.

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Le téléscope s’attachera à observer des étoiles proches de notre système solaire “dont certaines sont même visibles à l’œil nu”, précise Magali Deleuil, astrophysicienne du Laboratoire d’astrophysique de Marseille Technopole qui participe à la mission Cheops, contactée par France 24.

La densité des exoplanètes

Ce nouveau télescope, élaboré conjointement par l’Agence spatiale européenne (ESA) et le Bureau spatial suisse, n’est pas un énième dénicheur de planètes extrasolaires. Depuis les années 1990, près de 4 000 exoplanètes ont pu être identifiées, essentiellement grâce aux télescopes américains Kepler et Tess et l'européen Corot.

Pour sa part, Cheops doit permettre de mieux comprendre la nature des planètes déjà découvertes. Jusqu’à présent, les observations effectuées ont permis d’avoir une idée assez précise de la masse des exoplanètes. Mais ça ne suffit pas pour déterminer à quel type de planète on a affaire.

C’est là que le nouveau télescope entre en jeu. "Il va calculer plus précisément la taille de ces planètes. Et lorsqu’on a la taille et la masse, on peut en déduire la densité", explique Anthony Boccaletti. Et la densité est l’une des clés de l’étude des exoplanètes. Elle donne des informations sur la composition d’une planète et permet notamment de déterminer si elle rocheuse (ou tellurique) - comme la Terre - ou plutôt gazeuse, à l’instar de Neptune. En effet, une planète faite de roche, comme de la pierre, du métal, a une densité bien plus importante qu’un astre gazeux.

“Super-Terre” ou “mini-Neptune”

La mission Cheops va s’attacher à étudier plus particulièrement une catégorie très spécifique d’exoplanètes : les “super-Terre” ou “mini-Neptune”. Ce sont des astres qui ont une masse sensiblement supérieure à celle de notre planète mais inférieure à celle d’une géante gazeuse. “Il n'y en a aucune dans notre système solaire et on sait très peu de choses sur elles”, souligne Magali Deleuil.

En découvrant leur densité, il sera possible d’émettre des hypothèses sur la composition de ces étranges “Osmi” (Objets spatiaux mal-identifiés) et de savoir si elles sont plutôt rocheuses, gazeuses, “ou même peut-être océaniques, ces exoplanètes dont l’existence a été théorisée mais qui n’ont jamais pu être observées”, note la chercheuse française.

Au-delà de ces “super-Terre”, Cheops fournira aussi des informations plus précises sur la composition de dizaines ou de centaines d’exoplanètes telluriques ou gazeuses qui peuplent notre univers. “Cela permettra de confronter ces données à nos modèles physiques pour mieux comprendre la formation de ces planètes et leur évolution”, assure Anthony Boccaletti. Et, pour lui, ces observations, qui dureront plus de trois ans, aideront à répondre à l’une des grandes questions de l’astrophysique : "Combien existe-t-il d’autres Terre dans l’univers ?”.

En ce sens, la mission Cheops, qui appartient aux “petits” programmes spatiaux européens avec son budget d’environ 100 millions d’euros, prépare le terrain au programme Plato. Cet observatoire spatial, qui doit être déployé en 2026 et coûtera 600 millions d’euros, aura pour tâche spécifique de trouver des exoplanètes similaires à la Terre. Cheops aura, peut-être, montré où chercher en priorité.

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