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Algérie : "Le message du 'Hirak' n’est pas arrivé aux oreilles du pouvoir"

Armelle Charrier, chroniqueuse internationale  à France 24, le 19 décembre 2019.
Armelle Charrier, chroniqueuse internationale à France 24, le 19 décembre 2019. Capture écran France 24

Abdelmadjid Tebboune a prêté serment lors d'une cérémonie publique à Alger, jeudi. Le nouveau président algérien a réitéré sa main tendue à l'Hirak, mais il n'est pas sur que son message soit bien reçu par les manifestants. Selon la journaliste Armelle Charrier, un choc frontal des générations n'est pas à exclure. 

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Le président Abdelmadjid Tebboune a été investi devant le parlement algérien, jeudi 19 décembre. Main sur le Coran, le successeur d'Abdelaziz Bouteflika a prêté serment et prononcé dans la foulée son premier discours de chef d’État, appelant les Algériens à "tourner la page des différends".

"Peuple algérien, citoyennes, citoyens, fils et filles de combattants martyrs, aujourd'hui il est de notre devoir à tous de tourner la page, la page des différends, nous sommes tous Algériens, nous sommes tous égaux et nous œuvrons tous pour notre chère Algérie", a-t-il déclaré lors de son discours.

Mais il n’est pas certain que cet appel à tourner la page des derniers mois soit bien reçu par ceux qui manifestent pacifiquement depuis des mois contre le pouvoir. "Le message du Hirak n’est pas arrivé aux oreilles du pouvoir algérien", analyse la chroniqueuse Armelle Charrier. Alors qu'Abdelmadjid Tebboune incarne la continuation du système Bouteflika, les manifestants réclament le changement."

"Il y a un choc de génération : d’un côté un président de 74 ans, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah qui en a 79, et en face un mouvement explosif mené par une population dont l’âge moyen est de 28 ans. La jeunesse tape du poing, dénonce la corruption qui a empêché de développer économiquement le pays, qui les empêche de rêver et d’avoir une liberté politique".

"Il y a risque de choc des discussions", poursuit Armelle Charrier. "Le régime va-t-il se demander comment évoluer ou va-t-il être dans un rapport frontal avec les protestataires ? Comment le Hirak peut continuer à manifester maintenant qu’un président a été elu, tout en gardant son calme, son humour, sans aucun dérapage depuis le début du mouvement, en février dernier ?".

Les prochaines semaines donneront la température. Un nouvel appel à manifester a déjà été lancé pour le vendredi 20 décembre. 

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