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Dopage: Moscou décide d'un éventuel appel de sa mise au ban du sport

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Moscou (AFP)

L'agence russe antidopage doit décider jeudi si elle fait appel de l'exclusion de la Russie des compétitions sportives mondiales pour avoir falsifié les données d'athlètes contrôlés, une sanction sans précédent qualifiée d'anti-russe par Moscou.

Sauf surprise, le conseil de surveillance de Rusada devrait annoncer vers 13H00 (10H00 GMT) son refus de la décision prise le 9 décembre par l'Agence mondiale antidopage (AMA) d'interdire la Russie de participation pour quatre ans aux principaux évènements internationaux, notamment les Jeux olympiques 2020 et 2022 et la Coupe du monde de foot 2022.

Formellement, une fois le refus russe notifié à l'Agence mondiale antidopage, c'est l'AMA qui se pourvoira devant le TAS.

La mise au ban de la Russie prévoit que seuls des sportifs russes triés sur le volet pourront participer aux compétitions, mais sous drapeau neutre et sans que l'hymne national ne soit joué.

Le Comité olympique russe et le ministère des Sports ont milité pour que Rusada conteste cette exclusion, que le Premier ministre Dmitri Medvedev a qualifiée d'"hystérie anti-russe" même s'il reconnaît l'existence d'un problème de dopage.

Le chef de l'Etat, Vladimir Poutine, devrait lui être interrogé sur le sujet jeudi, lors de sa traditionnelle conférence de presse fleuve de fin d'année où ses réponses seront très attendues dans le monde de l'antidopage et par les sportifs.

- Appel "inefficace et inutile" -

Jusqu'ici, il a dénoncé des sanctions "politiquement motivées" en contradiction avec la charte olympique et estimé que "toute punition (devait) être individuelle" et non pas "collective".

Si les sanctions sont aussi lourdes, c'est que l'AMA a estimé que la Russie avait "manipulé" les données du laboratoire antidopage de Moscou lui ayant été transmises en début d'année, un énième rebondissement dans un scandale qui a démarré avec la révélation en 2015 d'un dopage institutionnel pratiqué depuis 2011 et impliquant hauts fonctionnaires, agents secrets et fioles d'urine trafiquées.

A contre-courant du gouvernement et de son conseil de surveillance, le directeur-général de Rusada Iouri Ganous a à maintes reprises jugé les autorités russes coupables dans ce scandale, prédisant des sanctions lourdes et réclamant à Poutine un grand coup de balai pour qu'une lutte sans merci contre les tricheurs soit engagée.

Il est ainsi opposé à ce que son organisation fasse appel des sanctions de l'AMA mais sa position y est minoritaire. "Le conseil (de surveillance) va décider de faire appel", a-t-il regretté auprès de l'AFP, jugeant cela "inefficace et inutile".

Selon lui, Moscou doit reconnaître ses fautes pour pouvoir réformer. D'autre part, il juge que tout recours devant le TAS était voué à l'échec au regard de l'ampleur des falsifications.

- Politique de prestige -

En Russie, le sport reste éminemment politique, tant M. Poutine s'est appuyé sur les grandes compétitions pour bâtir le prestige de son pays, organisant les Jeux olympiques d'hiver à Sotchi (2014) ou les Mondiaux d'athlétisme (2013), de natation (2015) et de hockey sur glace (2016).

La Coupe du monde de football (2018) a elle attiré plus de trois millions de touristes et 17 chefs d'Etat étrangers avaient assisté à la cérémonie d'ouverture.

Si l'interminable saga du dopage a porté un coup à l'image dans le monde du géant russe, dans le pays, l'idée d'un complot occidental pour humilier et éliminer un concurrent géopolitique et sportif reste très en vogue, tant elle est mise en avant par les autorités.

Pour les sportifs, la mise au ban de la Russie est vécue comme une nouvelle catastrophe, leur pays ayant déjà été exclu de diverses compétitions depuis 2015. Nombreux sont ceux critiquant une fermeté excessive de l'AMA.

D'autres ont à l'inverse rendu le pouvoir russe responsable, à l'instar de la triple championne du monde de saut en hauteur Maria Lasitskene.

"Pourquoi nos athlètes continuent d'utiliser systématiquement des substances interdites, les entraîneurs liés au dopage continuent-ils de travailler dans l'impunité et nos responsables continuent-ils de falsifier des documents officiels?", avait-elle dénoncé au lendemain de l'annonce des sanctions.

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