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Enquête sur un soupçon de délit d'initié à l'insu de la Banque d'Angleterre

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Londres (AFP)

Les autorités financières britanniques ont annoncé jeudi enquêter sur des révélations selon lesquelles des investisseurs ont eu accès à des informations privilégiées émanant de la Banque d'Angleterre (BoE).

En pratique, des fonds d'investissement auraient eu accès, via un fournisseur, à des enregistrements sonores de conférences de presse de la BoE "entre 5 et huit secondes" avant leur diffusion publique, selon des informations du Times, reprises ensuite par la presse britannique.

Ce temps d'avance a pu conférer un avantage indu à certains investisseurs, particulièrement les fonds spécialisés dans le trading à haute fréquence, ce qui s'apparente à un délit d'initié.

L'enquête a été confiée à l'autorité britannique des services financiers (FCA) qui dit "examiner le problème", d'après un porte-parole joint par l'AFP.

"Nous avons récemment constaté que certains enregistrements sonores de conférences de presse de la Banque - installés en plan de secours au cas où la diffusion vidéo (en streaming) ne fonctionnerait pas - ont été mal utilisés par une société contractuelle plus tôt cette année pour fournir des services à des clients externes", déclare l'institut monétaire dans un communiqué publié tard mercredi.

La BoE précise avoir "annulé l'accès du fournisseur de service après avoir identifié le problème", et ajoute que "l'utilisation inacceptable de l'audio" sans son accord "fait l'objet d'une enquête".

Lors des points presse de la BoE, son gouverneur Mark Carney donne des informations sur la direction des taux d'intérêts et de l'inflation du Royaume-Uni qui influencent directement le cours de la livre et d'autres actifs.

L'accès avec quelques secondes d'avance à ces informations peut donner un avantage concurrentiel indu à certains investisseurs, particulièrement à l'heure du trading à haute fréquence.

Cette stratégie de courtage automatisé utilisant des ordinateurs très puissants qui réalisent des milliers de transactions à toute vitesse est si lucrative que les sociétés financières investissent lourdement dans des équipements dernier cri juste pour gagner une fraction de seconde dans l'accès aux informations.

Les analystes étaient prudents jeudi, estimant qu'il était encore tôt pour savoir quel impact ces fuites pourraient avoir eu sur les marchés, notamment celui des changes.

"On ne connait pas la taille des investisseurs qui ont fait des opérations" remarque Craig Erlam, de la société spécialisée sur le courtage de devises Oanda.

"Il y a eu clairement une intention de la part de certains de gagner de l'argent grâce à des informations auxquelles ils n'auraient pas dû avoir accès", poursuit-il.

"Il est inquiétant que de telles conférences puissent être piratées ou détournées", "il y a beaucoup de processus à la BoE pour empêcher de tels incidents mais il y a eu une faille", conclut-il.

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