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Inde : nombreuses manifestations contre la loi sur la citoyenneté malgré les interdictions

Des milliers de manifestants ont protesté, malgré les interdictions de rassemblements, contre la nouvelle loi sur la citoyenneté, à Bombay, le 19 décembre 2019.
Des milliers de manifestants ont protesté, malgré les interdictions de rassemblements, contre la nouvelle loi sur la citoyenneté, à Bombay, le 19 décembre 2019. Francis Mascarenhas, Reuters

En Inde, les mobilisations contre une nouvelle loi sur la citoyenneté ont fait au moins deux morts. La police a interpellé des centaines de manifestants, qui avaient bravé les interdictions de rassemblement décrétées dans une grande partie du pays.

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Les interdictions préventives et les coupures d'Internet n'auront pas eu raison de leur détermination. Des dizaines de milliers d'Indiens ont de nouveau manifesté, jeudi 19 décembre, à travers le pays, poursuivant leur mobilisation contre une nouvelle loi sur la citoyenneté.

De nombreuses manifestations, parfois émaillées de heurts, étaient signalées en divers endroits du deuxième pays le plus peuplé de la planète.

Deux personnes sont mortes lors de mobilisations au cours desquelles la police a interpellé des centaines de manifestants, qui avaient bravé les interdictions de rassemblement décrétées dans une grande partie du pays.

Ces décès survenus à Mangalore (sud) lors d'affrontements avec la police portent à au moins huit le nombre de personnes tuées depuis le début des manifestations contre cette loi.

Âgés de 23 et 49 ans, les deux hommes ont été tués quand la police a ouvert le feu contre une manifestation de 200 personnes environ, selon un responsable local. D'autres manifestants blessés par balles ont été hospitalisés et un couvre-feu a été imposé dans certains secteurs de la ville.

Heurts entre policiers et manifestants

De New Delhi aux États reculés du Nord-Est, ce mouvement de protestation, mené essentiellement par des membres de la communauté musulmane (qui constitue 14% du 1,3 milliard d'Indiens), est l'un des plus importants auxquels doivent faire face les nationalistes hindous du Premier ministre Narendra Modi depuis leur arrivée au pouvoir en 2014.

Décision exceptionnelle pour la capitale, les autorités ont ordonné aux opérateurs de suspendre leurs services de téléphonie mobile en plusieurs endroits de Delhi, jeudi matin. Les réseaux mobiles semblaient toutefois rétablis dans l'après-midi, tandis qu'une vingtaine de stations de métro de la mégapole restaient fermées.

En Uttar Pradesh (nord), région la plus peuplée d'Inde avec 200 millions d'habitants et une importante communauté musulmane, de nouvelles violences ont éclaté, malgré l'interdiction de rassemblements en vertu d'un article de loi hérité de la colonisation britannique.

Des heurts ont opposé policiers et manifestants à Lucknow, la capitale régionale, et dans le district de Sambhal, à 300 kilomètres de là. Dans ce second lieu, des centaines de manifestants ont brûlé des véhicules et lancé des pierres sur les forces de sécurité, qui ont tiré des gaz lacrymogènes, a indiqué le chef de la police locale Yamuna Prasad.

 

"Impitoyable répression"

L'un des plus gros rassemblements signalés pour le moment s'est tenu dans la ville de Malegaon au Maharashtra (ouest), État non concerné par l'interdiction, où jusqu'à 60 000 personnes se sont attroupées pacifiquement.

Dans le Nord-Est, où le mouvement de contestation a débuté la semaine dernière et entraîné la mort de six personnes, plus de 20 000 Indiens se sont assemblés en différents lieux de l'État d'Assam, a rapporté un correspondant de l'AFP sur place.

Les manifestants dénoncent une nouvelle loi qui facilite l'attribution de la citoyenneté indienne aux réfugiés d'Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh à la condition qu'ils ne soient pas musulmans. Ils la jugent discriminatoire et contraire à la Constitution.

Dans la capitale économique Bombay, des célébrités du cinéma étaient attendues dans l'après-midi à une manifestation organisée principalement par des jeunes. "L'heure de protester sur les seuls réseaux sociaux est passée", a tweeté l'acteur et réalisateur Farhan Akhtar.

La nouvelle législation, qui ne concerne pas directement les Indiens de confession musulmane, a toutefois cristallisé les peurs et colères de la minorité, après cinq ans de gouvernement des nationalistes hindous.

Amnesty International a appelé les autorités indiennes à "cesser la répression des manifestants pacifiques qui protestent contre (une loi) discriminatoire".

L'organisation de défense des droits humains a qualifié d'"impitoyable" l'action des forces de sécurité, accusées par les manifestants de nombreuses violences policières ces derniers jours.

Avec AFP

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