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Débat démocrate : Joe Biden offre sa meilleure performance, Pete Buttigieg résiste aux coups

Les candidats démocrates sur scène à Los Angeles, le 19 décembre 2019.
Les candidats démocrates sur scène à Los Angeles, le 19 décembre 2019. Mike Blake, Reuters
8 mn

Sept candidats démocrates se sont affrontés jeudi soir lors d'un débat à Los Angeles. Un format réduit qui a permis aux concurrents, comme le favori Joe Biden, d'être plus à l'aise. Sans toutefois éviter les affrontements sur scène, dont Pete Buttigieg a su se sortir avec brio.

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Les débats à dix nous avaient habitués au brouhaha. Ce débat à sept a permis à chacun de prendre ses aises. Les principaux candidats aux primaires démocrates se sont réunis, jeudi 19 décembre, sur la scène de l'université de Loyola Marymount, à Los Angeles.

Pour ce premier débat depuis l'impeachment de Donald Trump, qui avait quelque peu éclipsé la campagne démocrate ces dernières semaines, les concurrents ont fait bloc face au président. Sa mise en accusation était "une nécessité constitutionnelle", a argué le favori Joe Biden, reprenant l'argument éthique de son parti. D'autres, comme la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar, ont tenté de dissiper les doutes chez les électeurs modérés : "S'il est innocent comme il le prétend, alors pourquoi les hommes du président ne sont-ils pas autorisés à témoigner ?"

À une quarantaine de jours du début des primaires, la première partie du débat s'est déroulée dans une certaine harmonie. Un climat qui réussit visiblement à Joe Biden, dont les précédentes performances, si elles n'ont pas mis en danger sa place en tête des sondages - il est toujours autour de 28 % -, ont semé le doute sur sa capacité à affronter Donald Trump.

Joe Biden rassure

Jeudi soir, "oncle Joe" a pris ses aises. "Baisse-moi cette main une seconde, tu veux bien ?", a-t-il lancé à son collègue Bernie Sanders qui demandait la parole aux modérateurs, déclenchant les rires du public. Le septuagénaire s'est fendu de plusieurs plaisanteries sans pour autant s'interdire d'adopter un ton grave quand le sujet l'imposait.

L'ex-vice-président de Barack Obama a aussi tenté de rassurer sur le fond. Faut-il s'attendre à un troisième mandat d'Obama s'il arrivait au pouvoir ? "Il ne s'agit pas de revenir à la normale : la normale, ce n'est pas suffisant", s'est-il défendu. Il n'a d'ailleurs pas hésité à rejeter une partie de l'héritage de l'ancien président, assurant qu'il était en désaccord sur sa politique en Afghanistan. Joe Biden s'est également montré rassembleur, une qualité qui sera nécessaire dans un pays plus divisé que jamais : "Je refuse de croire qu'à l'avenir, on ne pourra plus coopérer. Si c'est le cas, alors notre pays est mort."

Dans la seconde partie du débat, les échanges se sont tendus davantage. C'est Pete Buttigieg, le jeune maire de l'Indiana, qui a subi les foudres de ses rivaux. Elizabeth Warren a été la première à l'attaquer. La sénatrice du Massachusetts s'était toujours arrangée, lors des derniers débats, pour rester hors de la mêlée. S'agit-il d'un changement de stratégie lié à sa baisse dans les sondages (elle n'est plus qu'à 15 % environ) ?

Pete Buttigieg se défend

L'élue très progressiste, qui fait campagne contre l'impunité des milliardaires, a reproché à l'édile modéré d'avoir tenu une levée de fonds en compagnie de riches donateurs dans une cave viticole "avec des verres en cristal et des bouteilles de vin à 900 dollars". Mais Pete Buttigieg, quatrième de la course avec environ 8 % des intentions de vote, ne s'est pas démonté : "Je suis le seul sur cette scène à n'être ni millionnaire ni milliardaire", a-t-il rétorqué. "C'est le problème quand vous invoquez des tests de pureté que vous n'êtes pas capable de passer vous-même", a-t-il ajouté, remarquant que la sénatrice est "100 fois" plus riche que lui.

Bernie Sanders, le candidat socialiste numéro deux dans les sondages avec environ 20 % des intentions de vote, en a profité pour attirer Joe Biden dans le débat. "Il y a une vraie compétition ici. Mon bon ami Joe Bien a reçu les contributions de 44 milliardaires. Pete, lui, n'a que 39 donateurs milliardaires", a-t-il raillé. 

Ce fut ensuite au tour d'Amy Klobuchar de critiquer Pete Buttigieg. Tous les deux se disputent la carte du candidat du Midwest capable de rassembler même les plus modérés. "Vous devriez respecter notre expérience", a lancé la sénatrice au maire de 37 ans, vexée de l'avoir entendu critiquer les "anciens" lors du précédent débat. Selon elle, ce sont les candidats les plus expérimentés et qui ont accumulé le plus de victoires électorales qui sont les plus susceptibles de l'emporter en 2020.

Mais encore une fois, Pete Buttigieg a montré qu'il avait du répondant. "Si vous souhaitez parler d'élégibilité, tentez donc d'organiser une coalition pour vous faire réélire avec 80 % des voix en tant que mec gay de l'Indiana de Mike Pence", a-t-il lancé en référence aux positions homophobes du vice-président américain qui fut gouverneur de l'Indiana.

S'il y a bien un milliardaire dont les oreilles ont dû siffler jeudi soir, c'est Michael Bloomberg. Arrivé sur le tard dans la campagne démocrate, il n'a pas atteint le nombre de donateurs individuels requis pour participer. Il compte de toute façon sur sa fortune personnelle pour l'emporter dans les États-clés. Les sondages le créditent pour l'instant d'environ 5 % des intentions de vote.

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