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Guinée : malgré la contestation, Alpha Condé annonce un projet de nouvelle Constitution

Le président guinéen Alpha Condé, en 2017.
Le président guinéen Alpha Condé, en 2017. Ahmed Ouoba, AFP (archive)

Le président Alpha Condé a annoncé jeudi qu'il soumettrait aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution. L'opposition et une partie de la société civile lui reprochent de vouloir s'en servir pour briguer sa propre succession fin 2020 à l'expiration de son mandat actuel.

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Alpha Condé persiste et signe, malgré la contestation qui a fait au moins 20 morts en deux mois : le président de Guinée a annoncé jeudi 19 décembre un projet de nouvelle Constitution.

Les consultations lancées en septembre ont débouché sur un "avant-projet" publié jeudi soir. Il "fera l'objet d'une large vulgarisation avant son adoption par le peuple souverain", a indiqué Alpha Condé, laissant entendre qu'il comptait le soumettre à un référendum sans toutefois préciser de date.

Alpha Condé, 81 ans, avait déjà dénoncé la Constitution datant de 2010 comme un "concentré d'intérêts corporatistes". Jeudi soir, il a présenté son initiative comme résultant d'un "débat" en cours sur les "lacunes et incohérences" du texte. Il a évoqué la contestation récente comme le fait de "certains acteurs sociopolitiques (qui) n'ont pas hésité à menacer la quiétude sociale de notre pays".

"Ça ne passera pas"

L'article 40 stipule que "le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de six ans, renouvelable une fois". La question est de savoir si cette disposition s'appliquerait à Alpha Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, ou bien si les compteurs seraient remis à zéro avec l'adoption d'une nouvelle Constitution. Le mandat présidentiel est actuellement de cinq ans, renouvelable une fois.

Alpha Condé s'est une nouvelle fois gardé de dévoiler ses intentions lors de son allocution. Mais ses adversaires semblent penser que le président compte se servir de cette nouvelle Constitution pour briguer sa propre succession fin 2020 à l'expiration de son mandat actuel, à en croire les réactions sur les réseaux sociaux sous le hashtag "amoulanfe" ("ça ne passera pas" dans la langue locale), cri de ralliement des protestataires.

Depuis le 14 octobre, un collectif de partis et de représentants de la société civile appelle à faire barrage un tel projet. La Guinée, petit pays de 13 millions d'habitants, pauvre malgré d'importantes ressources minières, est depuis lors le théâtre de manifestations de masse qui ont été brutalement réprimées.

Avec AFP

 

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