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Pour la première fois en Belgique, un Rwandais condamné pour "crime de génocide"

Des cranes de victimes du génocide dans un mémorial à Kigali.
Des cranes de victimes du génocide dans un mémorial à Kigali. AFP

Un Hutu de 71 ans a été reconnu coupable, jeudi à Bruxelles, de "crime de génocide" et de "crimes de guerre" en lien avec le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Il a été condamné vendredi à 25 ans de prison.

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C'est une première en Belgique : la cour d'assises de Bruxelles a condamné jeudi 19 décembre pour "crime de génocide" un ancien haut fonctionnaire rwandais accusé d'avoir pris part au massacre des Tutsis en 1994.

Fabien Neretsé, un Hutu de 71 ans qui clame son innocence, a également été condamné pour "crimes de guerre". Il est resté impassible à l'énoncé du verdict.

Sa peine a fait l'objet d'une seconde décision vendredi 20 décembre. Il est condamné à 25 ans de réclusion.

La qualification de "crime de génocide" n'avait pas été retenue lors des quatre premiers procès de génocidaires rwandais organisés à Bruxelles, en 2001, 2005, 2007 et 2009.

Lui se présente comme l'ami des Tutsis

Dans ce procès, entamé début novembre, les "crimes de guerre" reprochés à Fabien Neretsé étaient les meurtres de 13 civils identifiés : 11 à Kigali et deux dans des zones rurales loin de la capitale. Après 48 heures de délibérations, la cour et les jurés ont acquitté l'accusé pour deux des 11 meurtres de Kigali.

Quant à l'accusation de "crime de génocide", elle recouvrait le fait de s'en être pris à un nombre indéterminé de personnes au nom de la volonté de "détruire" le groupe ethnique tutsi. Sur ce point, le jury a suivi entièrement la thèse de l'accusation, qui assurait que ce crime était établi par la participation de Fabien Neretsé à des réunions publiques appelant à attaquer les Tutsis, et par le fait d'avoir fourni des armes à des miliciens extrémistes hutus.

L'homme était considéré, d'après l'accusation, comme "un seigneur local" dans sa région, son influence étant notamment due à son activité au sein du MRND, l'ex-parti unique fondé par le président Juvénal Habyarimana. Lui a assuré toutefois n'avoir été qu'"un membre non actif" du parti. Il s'est présenté comme l'ami des Tutsis. "Je ne cesserai de le répéter : je n'ai pas planifié, ni participé à ce génocide", avait-il martelé mardi, avant que le jury ne parte délibérer.

Réfugié en France

Arrêté en 2011 en France, où il avait refait sa vie professionnelle et bénéficiait du statut de réfugié, l'accusé n'a effectué que quelques mois de détention provisoire dans ce dossier.

Sa comparution aux assises est en bonne partie due à la détermination de Martine Beckers, une Belge dont la soeur, le beau-frère tutsi et la nièce de 20 ans ont été abattus le 9 avril 1994 à Kigali avec des voisins tutsis. Fabien Neretsé était un de leurs voisins dans la capitale rwandaise. Selon l'accusation, il a fait intervenir des hommes armés pour empêcher le groupe de se mettre à l'abri alors que les massacres avaient commencé.

La scène se passe trois jours après l'assassinat du président Habyarimana, considéré comme l'événement déclencheur du génocide qui a fait au moins 800 000 morts selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi mais aussi parmi les Hutus modérés.

Avec AFP

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