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Economie et affaires militaires au programme de Macron à Bouaké et Niamey

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Abidjan (AFP)

Après avoir acté la fin du franc CFA, symbole de la Françafrique, le président français Emmanuel Macron est arrivé dimanche à Bouaké, l'ex-capitale rebelle, dernière étape de sa visite en Côte d'Ivoire d'où il s'envolera pour le Niger allié dans la lutte antijihadiste.

Le président français, qui a été accueilli vers 11H00 (heure locale et GMT), par son homologue ivoirien Alassane Ouattara sur le tarmac de Bouaké, endossera à la fois le costume de chantre de la coopération, avec la pose d'une première pierre d'un marché, mais aussi le rôle de chef militaire, avec un hommage aux soldats français tués en 2004 et des discussions avec le président nigérien Mahamadou Issoufou à Niamey.

Deuxième ville du pays, Bouaké (centre) a été le théâtre d'un épisode charnière de la décennie de crise ivoirienne en novembre 2004: 9 soldats français ont alors péri dans un bombardement de l'armée ivoirienne, un dossier qui garde de nombreuses zones d'ombre.

- Oublier les mutineries -

Les présidents français et ivoirien rendront hommage à ces morts lors d'une cérémonie qui doit "oeuvrer à l'essentiel travail de réconciliation dont la République de Côte d'Ivoire a tant besoin et qui est le chemin sur laquelle elle avance", selon M. Macron.

Le chef de l'Etat français ira ensuite sur l'esplanade où sera construit le plus grand marché couvert d’Afrique de l’Ouest. D'un coût de 60 millions d'euros, financé par la France, le site rassemblera 8.500 commerçants sur près de 9 hectares.

Les autorités ivoiriennes et françaises espèrent que cette infrastructure permettra de relancer l'activité économique jadis florissante et de faire oublier le passé de Bouaké, ville de casernes régulièrement secouée par des mutineries ou des mouvements de grogne de militaires.

M. Macron s'envolera ensuite pour Niamey. Il participera à une autre cérémonie d'hommage, cette fois en l'honneur des 71 soldats nigériens ayant récemment péri dans l'attaque d'un camp militaire.

Le président Macron pourra surtout s'entretenir avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou et préparer le sommet de Pau (sud-ouest de la France) qui doit réunir le 13 janvier les chefs d'Etat sahéliens de la force G5 Sahel.

Sur la même longueur d'ondes que M. Issoufou, qui a réitéré son soutien à l'opération française Barkhane, M. Macron a une nouvelle fois réclamé samedi de la clarté aux gouvernements sahéliens sur la présence militaire française dans la zone.

"Si cette clarté politique n’est pas établie, la France dans certains pays en tirera toutes les conséquences", a-t-il averti.

"Quand il parle de clarification, le président Macron vise IBK (Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien) et Kaboré (Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè)", avait récemment précisé une source sécuritaire à l'AFP.

Le 4 décembre, dans le sillage de la mort de 13 soldats français au Mali, Emmanuel Macron avait invité les chefs d'Etat sahéliens à ce sommet de Pau (où étaient stationnés la majorité des soldats). L'annonce avait été mal ressentie par beaucoup qui l'avaient perçue plutôt comme une "convocation" alors même qu'il existe dans la région un sentiment anti-français grandissant.

Le président Keïta a semblé faire allusion à cette tension samedi sur TV5, en indiquant que les pays unis dans la force militaire G5 Sahel souhaitaient "un partenariat respectable et respectueux".

Samedi, M. Macron s'était présenté comme le bâtisseur d'une nouvelle ère de relations avec l'Afrique francophone en sonnant le glas du franc CFA.

Des manifestants pro-démocratie rassemblés à Hong Kong, le 22 décembre 2019 en solidarité avec les Ouïghours, minorité musulmane de ChineCette "réforme historique majeure" comprend, outre le changement de nom, l'arrêt de la centralisation de 50% des réserves des pays concernés au Trésor français et le retrait de la France des instances de gouvernance.

L'abandon du franc CFA et cette relation nouvelle pourraient, selon lui, changer l'image de la France: "Trop souvent aujourd'hui la France est perçue" comme ayant "un regard d'hégémonie et des oripeaux d'un colonialisme qui a été une erreur profonde, une faute de la République", a-t-il déclaré samedi.

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