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Mort du grand couturier français Emanuel Ungaro

Emmanuel Ungaro lors d'un défilé de mode à Paris en 1997.
Emmanuel Ungaro lors d'un défilé de mode à Paris en 1997. Pierre Verdy, AFP

Le couturieur français d'origine italienne, Emanuel Ungaro, est mort vendredi à Paris, à l'âge de 86 ans. Formé par le couturier espagnol Cristobal Balenciaga, il s'était fait remarquer grâce à des mélanges d'imprimés et de matières fluides, symboles de sa maison, créée en 1965. Il s'était retiré du monde de la mode 39 ans plus tard.  

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Un grand nom de la mode s'est éteint. Le couturier français d'origine italienne Emanuel Ungaro est décédé à Paris à l'âge de 86 ans. Il avait fait ses classes auprès de Balenciaga avant d'ouvrir sa propre maison de couture à Paris en 1965, se définissant lui-même comme "un obsédé sensuel" au style haut en couleurs.

"Il ne faut pas porter une robe, il faut l'habiter", déclarait cet homme qui considérait son travail comme un artisanat et avait quitté le monde de la mode en 2004.

Chez Ungaro, "la sensualité est partout", écrit son amie l'écrivain Christine Orban dans une courte biographie qu'elle lui a consacrée. "Un simple pull, par la douceur de sa matière, appelle une caresse ; une robe est taillée pour bouger, accompagner le corps dans ses déplacements, montrer et dissimuler : parce qu'il aime les femmes, Emanuel connaît les limites de la tolérance masculine, il créera un vêtement trop beau pour être arraché, mais assez malin pour suggérer de l'ôter avec tendresse".

D'Aix-en-Provence à Paris

Deuxième d'une famille immigrée italienne de six enfants, Emanuel Ungaro, né le 13 février 1933, aurait pu se contenter de suivre les traces de son père, tailleur à Aix-en-Provence. Le jeune homme, débordant d'énergie, s'initie à la couture auprès de lui mais quitte rapidement sa ville natale pour Paris.

Il débarque dans la capitale en 1956, à peine âgé de 23 ans. C'est là qu'il rencontre le seul maître qu'il se reconnaisse : le couturier espagnol Cristobal Balenciaga qui pratique la couture comme une éthique, construit ses vêtements avec l'exigence d'un architecte en quête de lignes toujours plus épurées. 

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Emanuel Ungaro dira plus tard avoir appris l'essentiel auprès de son père et de Balenciaga.

Il travaille six ans chez le couturier espagnol, passe un an chez Courrèges et se lance : en 1965, assisté de quelques ouvrières, il ouvre sa propre maison avenue Mac-Mahon, dans le XVIIe arrondissement de Paris. 

Bourreau de travail, il crée avec acharnement, superposant les matières, les imprimés parfois dissonnants, drapant la soie aux couleurs vives directement sur les mannequins. Ses mélanges de fleurs et de pois, de rayures et de carreaux, de coloris souvent vifs ouvrent de nouveaux horizons à la haute couture.

Le premier, Emanuel Ungaro pose sur un pantalon une longue robe-tunique, puis une robe-chasuble, puis un manteau-gilet, sans cependant alourdir la silhouette. Car les matières sont fluides et la robe doit n'être qu'un faire-valoir du corps d'une femme libre de ses mouvements. 

Bâtisseur d'un empire 

Son style séduit les élégantes fortunées et des actrices comme son amie Anouk Aimée. Il habille aussi des actrices à l'écran, notamment Gena Rowlands, Catherine Deneuve, Isabelle Adjani.

En 1968, parallèlement à la haute couture, Emanuel Ungaro se lance dans le prêt-à-porter, avec une ligne pour femme, suivie quelques années plus tard d'une ligne masculine. 

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Il avait reçu le Dé d'or récompensant la meilleure maison de haute couture en 1980.

Au fil des ans, il bâtit un empire, s'intéressant aux parfums, chaussures, lunettes... avant que sa maison ne soit achetée en 1996 par la famille Ferragamo.

À partir de 2001, Emanuel Ungaro, marié et père d'une fille, commence à prendre ses distances avec la mode, abandonnant à son principal collaborateur, Giambattista Valli, la direction artistique du prêt-à-porter et des accessoires.

Même si lui-même continue à créer des collections pendant encore quelques années, il se retire du monde de la haute couture en 2004, estimant qu'elle ne correspond plus "à l'attente des femmes d'aujourd'hui".

Avec AFP

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