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Algérie : le général Ahmed Gaïd Salah, puissant chef d'état-major de l'armée, est mort

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne, est mort le 23 décembre 2019.
Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne, est mort le 23 décembre 2019. Ramzi Boudina, Reuters
7 mn

Le chef d'état-major de l'armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, est mort, lundi, à l'âge de 79 ans. Après la démission en avril d'Abdelaziz Boutflika, il avait supervisé la période de transition jusqu'à l'élection, le 12 décembre, d'Abdelmadjid Tebboune.

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Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne, est mort, lundi 23 décembre, à l'âge de 79 ans, a rapporté la chaîne télévisée privée Ennahar, sans autre précision. L'agence de presse officielle APS a quant à elle affirmé, citant un communiqué de la présidence de la République, que le général avait succombé à une crise cardiaque. Un deuil national de trois jours a été décrété par les autorités.

Si Ahmed Gaïd Salah a demandé, en avril dernier, la mise à l'écart d'Abdelaziz Bouteflika, il a longtemps été un fidèle soutien de l'ancien président algérien, qui, en 2004, en avait fait le chef de l'état-major de l'armée, soit l'un des hommes les plus puissants du pays.

Après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, sous la pression de la rue, c'est lui qui avait supervisé la période de transition, laquelle a conduit, il y a dix jours, à l'élection d'Abdelmadjid Tebboune à la présidence de la République.

Ce dernier a chargé le général Saïd Chengriha, commandant des Forces terrestres, d'assurer l'intérim comme chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP). Âgé de 74 ans, le général Chengriha avait été nommé à la tête des Forces terrestres en septembre 2018 par le général Gaïd Salah, lors d'un vaste remaniement dans la haute hiérarchie militaire et sécuritaire.

Ahmed Gaïd Salah, chef d'orchestre de la transition

Face aux Algériens sortis massivement dans les rues pour protester contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, le général Gaïd Salah avait d'abord déclaré que l'armée demeurait "la garante" de la stabilité face à ceux qui voulaient "ramener" l'Algérie aux années de guerre civile (1992-2002).

Mais après avoir publiquement soutenu la candidature d'Adbdelaziz Bouteflika, Ahmed Gaïd Salah a ensuite adopté un discours plus conciliant, et annoncé que l'armée "partageait" avec le peuple "les mêmes valeurs et principes". Son soutien à l'ex-chef de l'État s'est alors fait de plus en plus mesuré.

Début avril, après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, c'est le général Gaïd Salah qui a chapeauté la période de transition ayant mené à l'élection du président Abdelmadjid Tebboune le 12 décembre. Scrutin à l'issue duquel les Algériens ont continué de manifester pour réclamer le départ de l'ensemble de l'élite au pouvoir et le retrait de l'armée de la vie publique.

Toutefois, la disparition du général Gaïd Salah, auquel le président Tebboune avait remis la médaille de l'Ordre du mérite la semaine précédent sa mort, ne va pas nécessairement affecter la place centrale qu'occupe l'armée dans le système politique algérien.

Fidèle d'Abdelaziz Bouteflika

Né en 1940 dans la région de Batna (à 300 km au sud-est d'Alger), Ahmed Gaïd Salah avait rejoint à 17 ans les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN), qui combattait alors l'armée coloniale française.

En 1962, à l'indépendance de l'Algérie, il avait integré les rangs de l'armée. Après être passé par une académie militaire soviétique, il avait gravi tous les échelons. Au cours de sa carrière militaire, il a commandé plusieurs régions militaires. En 1994, en pleine guerre civile (1992-2002) entre l'armée algérienne et une guérilla islamiste, il avait été nommé chef d'état-major des Forces terrestres.

Redevable après avoir été choisi pour succéder au général Mohamed Lamari, opposé à un deuxième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Gaïd Salah devint alors un fidèle du chef de l'État, lequel lui donna alors les moyens de morderniser l'armée. En 2013, de retour de Paris où il avait passé 80 jours hospitalisé après un AVC, Abdelaziz Bouteflika en avait fait même son vice-ministre de la Défense.

Le général Ahmed Gaïd Salah aura occupé le poste de chef d'état-major pendant 15 ans. Un record. 

Avec Reuters

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