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Les danseuses de l’Opéra de Paris se produisent dans la rue pour défendre leurs droits

Des danseuses en tutu blanc ont exécuté, mardi 24 décembre, des tableaux du Lac des cygnes devant le parvis de l'Opéra Garnier à Paris.
Des danseuses en tutu blanc ont exécuté, mardi 24 décembre, des tableaux du Lac des cygnes devant le parvis de l'Opéra Garnier à Paris. Capture d'écran France 24
6 mn

À la veille de Noël, une vingtaine de danseuses de l'Opéra de Paris toutes vêtues de tulle et de blanc ont interprété, mardi, un extrait du "Lac des cygnes", sous les yeux ébahis d’une importante foule massée sur le parvis du palais Garnier.

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Quand la grève prend une tournure inattendue. Accompagnées d'un orchestre, une vingtaine de danseuses de l'Opéra de Paris vêtues de tulle et de blanc ont exécuté, mardi 24 décembre, des tableaux du "Lac des cygnes" sur le parvis du palais Garnier, pour manifester contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron.

>> À lire aussi : Âge pivot, système par points, retraite minimum... les points de blocage de la réforme

À quelques heures de Noël, sous le ciel gris parisien, une quarantaine de danseuses du corps de ballet de l'Opéra ont donné cette représentation improvisée, sous les applaudissements de nombreux badauds. 

"Même si on est en grève, on a voulu offrir pour le 24 décembre un moment de grâce", a déclaré à la presse le danseur et élu à la caisse des retraites Alexandre Carniato. "Malgré un temps extrêmement frais, les filles ont voulu relever le défi et les musiciens les accompagner", a-t-il ajouté. 

"C'est notre art qui est mis en danger"

L'Opéra est touché par la grève depuis quinze jours, ce qui a entraîné l'annulation de nombreux spectacles - dont le ballet "Le Parc" prévu mardi. "L'ensemble de l'Opéra est touché" par la réforme des retraites, a déclaré à l'AFP Eloïse Jocqueviel, 23 ans, danseuse du corps de ballet qui a participé au spectacle. "C'est notre art qui est mis en danger". 

Les danseuses ont choisi l'acte 4 du Lac des Cygnes, "l'un des ballets les plus difficiles" qu'elles ont dansé "sur du marbre dans le froid". "Ce que les filles vous ont montré, c'est 15 ans de sacrifices, et c'est du travail quotidien. Et pour arriver à ça, il y a une limite, une contrainte. Si on veut continuer à voir de jolies danseuses ou de jolis danseurs sur scène, on ne pourra pas continuer jusqu'à 64 ans, ce n'est pas possible", a souligné Alexandre Carniato. 

"Je suis entrée à l'école de danse à 8 ans, j'ai quitté ma famille et aménagé ma scolarité. Avec cinq heures de danse par jour, à 17-18 ans, on est nombreux à avoir des blessures chroniques, des tendinites, fractures de fatigue, douleurs aux genoux (...) On est nombreux à ne pas avoir notre baccalauréat", énumère Eloïse Jocqueviel.

Témoignage d'une danseuse à l'Opéra de Paris
00:28

Régime spécial de l'Opéra

L'Opéra comme la Comédie-Française sont les seules institutions culturelles concernées par la réforme du gouvernement. Le régime spécial de l'Opéra est l'un des plus anciens de France, puisqu'il date de 1698, sous Louis XIV.

Ce régime permet de tirer sa révérence à 42 ans, compte tenu de la "pénibilité" du métier, des risques de blessure, et du fait que la majorité des danseurs peut difficilement continuer à danser les grands ballets au-delà de cet âge avec le même niveau d'excellence.

"Croyez que pour en arriver à toutes ces annulations, il faut vraiment que nous soyons poussés à bout", a déclaré le ballet de l'Opéra de Paris dans un communiqué. 

"L'élimination de notre Caisse de Retraite, qui incarne l'union entre toutes les générations de nos plus de 70 métiers, pour nous faire rentrer de force dans un régime qui ne nous correspond pas du tout, achèverait de détruire l'équilibre fragile de notre collectif de travail", soulignent les danseurs. 

Avec AFP

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