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La Turquie maintient Osman Kavala en détention, au mépris de la CEDH

Osman Kavala est accusé d'avoir financé le mouvement de contestation antigouvernemental "Gezi" contre Recep Tayyip Erdogan, en 2013.
Osman Kavala est accusé d'avoir financé le mouvement de contestation antigouvernemental "Gezi" contre Recep Tayyip Erdogan, en 2013. Ozan Kose, AFP

Passant outre une demande de libération de la Cour européenne des droits de l'Homme, un tribunal turc a décidé, mardi, de maintenir en détention provisoire l'homme d'affaires Osman Kavala. Il est accusé d'avoir financé un mouvement de contestation antigouvernemental en 2013.

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À l'issue d'une nouvelle audience qui s'est tenue à Silivri en lisière d'Istanbul, un tribunal turc a décidé, mardi 24 décembre, de maintenir en détention provisoire l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala. Incarcéré depuis deux ans, celui-ci avait pourtant fait l'objet d'une demande de libération par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH). Demande rejetée par le tribunal qui a ajourné le procès au 28 janvier.

Cette audience était la première à se tenir depuis que la CEDH a exigé, sa "libération immédiate", le 10 décembre. "Il est établi au-delà de (tout) doute raisonnable que les mesures" prises à son encontre visaient à "réduire Osman Kavala au silence et avec lui tous les défenseurs des droits de l'Homme", avait alors jugé la CEDH.

"Procédure illégale et discriminatoire"

À l'ouverture de l'audience, l'homme d'affaires a lui-même demandé sa libération en s'adressant aux juges. "Je demande la fin de cette procédure illégale et discriminatoire qui s'est traduite par mon incarcération depuis deux ans", a-t-il déclaré.

Osman Kavala, figure connue des cercles intellectuels en Europe, est accusé avec 15 autres personnes de "tentative de renversement du gouvernement" pour avoir soutenu un mouvement de contestation antigouvernemental en 2013, connu sous le nom de "mouvement de Gezi".

Le philanthrope est accusé d'avoir financé ce mouvement contre l'actuel président, Recep Tayyip Erdogan, qui à cette époque occupait le poste de Premier ministre.

Dans cette affaire qui suscite l'inquiétude des défenseurs des droits humains, les 16 accusés risquent la prison à vie. Ceux-ci dénoncent une "chasse aux sorcières" et assurent qu'il n'existe "pas l'ombre d'une preuve" pour appuyer l'accusation.

Symbole de la répression

La veille de l'audience, neuf ONG, dont Amnesty International et Reporters sans frontières (RSF), avaient appelé à la libération d'Osman Kavala et de ses co-accusés, estimant que leur procès était "un exemple de la punition dont use le gouvernement contre toute dissension et fait partie d'une répression plus large de la société civile".

À l'audience, le député européen Sergey Lagodinsky, président de la délégation à la commission parlementaire mixte UE-Turquie, avait affirmé avant l'annonce de la décision, que celle-ci serait "un test important pour savoir si la justice turque [pouvait] se conformer aux normes européennes".

"Je pense que c'est assez décevant", a-t-il réagi après le verdict. On espérait que la décision de la CEDH serait suivie et cela n'a pas été le cas", a-t-il déclaré, estimant qu'Osman Kavala n'avait "pas sa place en prison".

L'incarcération du mécène depuis deux ans a fait de lui le symbole de la répression orchestrée contre la société civile en Turquie, en particulier depuis une tentative de putsch en 2016 suivie de purges massives.

Avec AFP

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