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Inde : nouvelles coupures d'Internet, les manifestants à nouveau dans la rue

Des manifestants lors d'un rassemblement de protestation contre une nouvelle loi sur la citoyenneté, après la prière du vendredi à New Delhi, en Inde, le 27 décembre 2019.
Des manifestants lors d'un rassemblement de protestation contre une nouvelle loi sur la citoyenneté, après la prière du vendredi à New Delhi, en Inde, le 27 décembre 2019. Danish Siddiqui, Reuters

Des milliers d'Indiens ont de nouveau manifesté, vendredi, dans plusieurs grandes villes du pays pour protester contre la loi sur la citoyenneté vue comme anti-musulmane, après de nouvelles coupures d'Internet par les autorités. 

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La contestation se poursuit en Inde. De nouvelles manifestations contre la loi sur la citoyenneté, vue comme anti-musulmane, ont eu lieu, vendredi 27 décembre, dans le pays, où les autorités ont coupé l'accès à Internet en plusieurs endroits et déployé des milliers de policiers anti-émeutes.

En parallèle, des partisans de la loi ont organisé une contre-manifestation à Bombay, la capitale économique, illustrant les divisions que cette nouvelle loi a creusées.

Des centaines de personnes ont commencé à se rassembler devant la grande mosquée de New Delhi après la prière du vendredi, dans le vieux quartier de la capitale quadrillé par les forces de l'ordre. Policiers anti-émeutes et paramilitaires ont érigé des barricades dans les rues menant à la mosquée, où de violents affrontements avaient éclaté lors de précédentes manifestations.

>> À lire aussi : Manifestations en Inde : couper les réseaux de communication, un outil politique

Les protestataires se disaient déterminés à poursuivre, tant que le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi ne retirerait pas sa loi controversée. Celle-ci prévoit de donner la nationalité indienne aux réfugiés d'Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh, sauf ceux de confession musulmane.

Vingt-sept morts dans les manifestations

Vingt-sept personnes ont péri en deux semaines dans des manifestations parfois violentes contre cette loi qui a entraîné le plus important  mouvement de contestation en Inde depuis l'arrivée au pouvoir des nationalistes hindous en 2014.

Des centaines de policiers étaient déployés et des dizaines de chekpoints mis en place à Bombay, où deux manifestations rivales, pour, ou contre la loi, ont rassemblé chacune près de 5 000 personnes.

En prévision de nouvelles manifestations vendredi, jour de la grande prière musulmane, les responsables d'Uttar Pradesh, dans le nord du pays, ont suspendu l'Internet mobile et les SMS dans 21 districts sur 75, dont la capitale régionale Lucknow (nord du pays).

Bloquer Internet, une technique couramment utilisée

Bloquer l'accès à Internet pour limiter les manifestations est une technique couramment utilisée par les autorités en Inde, le pays étant le leader mondial en nombre de coupures de ce réseau. Le site internetshutdown.in en a ainsi recensé une centaine pour la seule année 2019.

En amont de la grande prière hebdomadaire, des milliers de policiers armés patrouillaient vendredi matin dans l'État d'Uttar Pradesh à majorité musulmane. Cinq mille personnes ont été placées en détention préventive, en plus de 1 000 autres déjà arrêtées en lien avec les manifestations. 

La réponse brutale des forces de l'ordre nourrit la colère des manifestants, qui accusent les autorités de répression arbitraire.

Inquiétude de la communauté musulmane

Approuvée le 11 décembre par le Parlement, la loi contestée ne concerne pas directement les musulmans indiens, mais elle a renforcé les inquiétudes de cette minorité (14 % du 1,3 milliard d'Indiens), qui craint d'être reléguée au rang de citoyens de seconde classe dans l'Inde des nationalistes hindous.

Alors que ce mouvement de contestation connaît un grand retentissement international, les autorités indiennes gardent à l'œil les agissements des étrangers présents dans le pays et prennent des sanctions si elles découvrent qu'ils se sont joints à la mobilisation.

Avec AFP

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