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Bolivie : l'ambassade du Mexique à La Paz au cœur d'un conflit diplomatique

Karen Longaric, ministre bolivienne des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse organisée le 27 décembre à La Paz
Karen Longaric, ministre bolivienne des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse organisée le 27 décembre à La Paz REUTERS/David Mercado
6 mn

Alors que des partisans du président bolivien Evo Morales se sont réfugiés dans l'ambassade du Mexique à La Paz, des diplomates espagnols auraient tenté de pénétrer, en compagnie de personnels de sécurité, dans cette représentation diplomatique. Les autorités boliviennes ont dénoncé cette tentative et demandé à l'Espagne de fournir des explications. 

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La Bolivie a affirmé, vendredi 27 décembre, avoir empêché l'entrée de diplomates espagnols, accompagnés de personnels de sécurité encagoulés et apparemment armés, à l'ambassade du Mexique, où sont réfugiés une dizaine de fonctionnaires de l'ancien gouvernement d'Evo Morales.

"Des personnes identifiées comme des fonctionnaires de l'ambassade d'Espagne en Bolivie, accompagnées d'hommes cagoulés, ont tenté d'entrer subrepticement et clandestinement dans la représentation diplomatique mexicaine de La Paz", a déclaré la cheffe de la diplomatie bolivienne, Karen Longaric, sans toutefois préciser si cette opération visait à exfiltrer les partisans d'Evo Morales.

L'incident s'est produit vendredi matin lorsque des membres du personnel diplomatique, accompagnés d'autres personnes aux visages masqués, ont tenté de forcer une barrière de sécurité de la police bolivienne autour de l'ambassade mexicaine, qui leur empêchait l'entrée dans le bâtiment, a expliqué Mme Longaric, lors d'une conférence de presse.

La cheffe de la diplomatie bolivienne a souligné que les personnels diplomatique et de sécurité de l'ambassade d'Espagne en Bolivie ne sont pas autorisés à porter des armes à feu, ni des vêtements dissimulant leur identité, des "actes" qui "contreviennent aux pratiques diplomatiques" en vigueur, selon elle.

Interrogée au sujet d'un possible plan de fuite mise en place par des Espagnols et des Mexicains, la ministre a déclaré que des investigations étaient en cours et témoigné de sa surprise face à la présence de citoyens espagnols. Auquel cas, "nous saurons donner une réponse à une telle infraction contre la souveraineté de la Bolivie", a-t-elle averti.

Le gouvernement espagnol a réagi en annonçant l'envoi en Bolivie de représentants pour enquêter sur l'incident, survenu, selon lui, lorsque sa chargée d'affaires Cristina Borreguero s'est rendue à l'ambassade mexicaine. "Nous allons envoyer des personnes du ministère de Madrid pour l'enquête", a précisé samedi une porte-parole ministérielle à l'AFP.
 

Des relations tendues entre La Paz et Mexico

L'ambassade du Mexique à La Paz abrite une douzaine d'anciens fonctionnaires du gouvernement Morales, qui ont démissionné le 10 novembre, dans la foulée de leur président Evo Morales, lâché par l'armée après trois semaines de violentes manifestations. 

Parmi les demandeurs d'asile figurent l'ex-ministre à la présidence, Juan Ramon Quintanan et l'ex-ministre de la culture Wilma Alanoca qui, comme leur président, sont sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par le parquet en Bolivie, dans le cadre d'une enquête pour sédition et terrorisme. "Nous pensons que le but était d'extraire le criminel Juan Ramon Quintana", a d'ailleurs précisé le ministre de l'Intérieur bolivien Arturo Murillo, en référence à l'ancien bras droit d'Evo Morales. "Cela a échoué".

Avant cet incident, le Mexique avait exprimé à plusieurs reprises sa crainte que le gouvernement bolivien en exercice n'entre de force dans son ambassade pour arrêter les personnes réfugiées dans son ambassade. Dans une lettre adressée, mardi, au ministère bolivien des Affaires étrangères, l'ambassade du Mexique affirme que le
nombre de policiers entourant ses installations a augmenté depuis novembre et dit avoir détecté des drones de surveillance autour de ses bâtiments diplomatiques.

Les relations entre les deux pays se sont tendues depuis que le Mexique a accueilli un temps l'ancien président Evo Morales, avant qu'il ne soit accueilli en Argentine par le gouvernement du président péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez.

 

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